Mercredi, le 6 août 2025 le climat médiatique congolais s’alourdit. Après avoir passé deux jours dans un local assimilé à un cachot au Parquet de Kalamu, le journaliste chrétien Espérant Kasongo, attaché de presse de la chaîne SILOE TV, a été transféré ce mercredi à la prison centrale de Makala, sans avoir été confronté à son accusateur.
Selon le média Okapi News, Arrêté lundi 04 août devant l’hôtel Malebo à Kintambo-Magasin, Espérant Kasongo est visé par une plainte du chantre et prédicateur Mike Kalambayi, l’accusant « d’injures publiques, de diffamation et d’imputations dommageables ».
Pourtant, le mis en cause nie fermement les faits et dénonce un acharnement.
« J’ai appris que je suis ici suite à une plainte du groupe Majaabu. Mais depuis mon interpellation, personne n’est venue pour une confrontation. Je vois des gangs faire le tour ici en me lançant des regards menaçants comme si j’avais blasphémé contre le Pasteur Mike Kalambayi », s’est-il confié avant son transfèrement.
Cette arrestation intervenue sans confrontation préalable, en violation manifeste des principes élémentaires de procédure – soulève de vives préoccupations au sein de la communauté médiatique et des défenseurs des droits humains.
La corporation des journalistes a, de son côté, appelé le groupe Majaabu à privilégier la voie du dialogue, de la justice divine ou, le cas échéant, à saisir l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) pour des sanctions administratives plutôt que de s’en remettre à la répression pénale.
Une justice à géométrie variable ?
La détention d’Espérant Kasongo survient le même jour que celle de Goldy Ndaya, directrice de Eventsrdc.com, également envoyée à Makala dans des conditions similaires.
Deux arrestations controversées en une seule journée, sur fond de tensions entre personnalités publiques et journalistes.
Ces faits viennent s’ajouter à l’onde de choc provoquée par l’assassinat, à Goma, du journaliste Fiston Wilondja Mazambi, collaborateur de la Centrale de monitoring des médias, dans des circonstances encore non élucidées.
La liberté de la presse en danger
La répétition d’atteintes graves aux droits des journalistes – arrestations arbitraires, détentions sans procès équitable, assassinats – suscite une vague d’indignation dans les milieux professionnels.
Plusieurs ONG et associations de presse appellent à la libération immédiate d’Espérant Kasongo et exigent des explications des autorités judiciaires sur ces procédures expéditives qui rappellent les dérives d’un autre temps.
Le gouvernement congolais est ainsi une fois de plus interpellé sur la nécessité de garantir la liberté d’informer, le respect des procédures judiciaires, et la protection effective des journalistes, piliers d’une démocratie saine et transparente.


