Sous la médiation du président américain Donald Trump, le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame ont signé, me jeudi dernier à Washington, un accord de paix historique, présenté comme « un document contraignant » et porteur d’une perspective nouvelle pour la région des Grands Lacs.
Aux côtés du Président congolais, la Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a accompagné le processus et a livré plusieurs éclairages essentiels lors d’un briefing de presse très attendu.
Un ensemble d’accords majeurs conclus à Washington
La signature de l’accord de paix RDC–Rwanda a été accompagnée de plusieurs autres instruments structurants, scellant une dynamique nouvelle entre Kinshasa, Kigali et Washington. Il s’agit de l’Accord de paix RDC–Rwanda, l’Accord-cadre d’intégration économique régionale, le Mémorandum d’entente (MoU) en matière de sécurité entre la RDC et les États-Unis ainsi que l’Accord économique RDC–USA
Ces textes, combinés, constituent une architecture diplomatique inédite visant à stabiliser l’Est de la RDC, sécuriser les frontières et relancer l’intégration économique régionale.
Vers une paix durable
S’adressant à la presse internationale, Thérèse Kayikwamba a insisté sur la portée historique du texte.
« Ce document doit jeter les fondations d’une paix durable dans l’Est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs », a-t-elle déclaré.
Elle a salué la forte mobilisation américaine, affirmant que le leadership de Washington a permis d’aboutir à un accord ferme, engageant et vérifiable.
« Le président Trump a voulu un document contraignant. Et c’est cela qui ouvre la perspective d’une réconciliation, d’un rapprochement et d’une intégration économique réelle », a-t-elle souligné.
Une longue séquence diplomatique enfin couronnée de résultats
La Ministre d’État a rappelé que ces avancées ne sont pas le fruit d’un effort ponctuel.
« Ce qu’il faut retenir, c’est que cet accord reflète une longue marche diplomatique. Elle n’a pas commencé en avril, mais bien avant, notamment avec la résolution 2773 du Conseil de sécurité », a-t-elle expliqué.
Cette résolution adoptée à l’unanimité avait jeté les bases du processus actuel, en cadrant les responsabilités régionales et en ouvrant la voie à une pacification progressive.
« Si le M23 ne bouge pas, on saura qui refuse d’agir »
Face aux inquiétudes persistantes liées aux combats encore signalés à l’Est, Thérèse Kayikwamba s’est montrée catégorique.
« S’il n’y a pas de changement du M23 sur le terrain, on saura qui, parmi les acteurs ayant de l’influence, aura refusé d’agir. Le temps des ambiguïtés est terminé », a-t-elle averti.
Cette phrase forte s’adresse clairement aux soutiens régionaux du groupe armé, sans les nommer explicitement.
Le retrait rwandais, une condition nécessaire
À la question de la BBC sur le rôle du président Trump dans l’arrêt des hostilités, la Ministre d’État a redit l’essentiel.
« Le retour de la paix passe par le retrait des troupes rwandaises du territoire de la RDC. La situation sur le terrain doit s’adapter à l’avancée diplomatique », a-t-elle indiqué.
Elle rappelle que la signature engage désormais les chefs d’État eux-mêmes, ce qui renforce l’obligation de résultats.
« Nous sommes arrivés à un point où ce sont des chefs d’État qui engagent. Cela change tout », a-t-elle mis l’accent.
Le rôle renforcé des États-Unis : « Cet accord rend l’action du président Trump plus percutante »
Selon la cheffe de la diplomatie congolaise, l’implication américaine crée une dynamique nouvelle.
« Cet accord rend le rôle du président Trump plus percutant. Il donne un cadre clair des responsabilités et des leviers à activer », a-t-elle affirmé.
Elle souligne que Washington dispose désormais de moyens plus concrets pour peser sur les parties, accélérer les retraits et enclencher la désescalade.
« J’espère que la population congolaise est contente de ces accords »
Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, ces textes portent un réel espoir.
« J’espère que la population congolaise est contente de ces accords, qui comportent des espoirs de paix. C’est un accord qui nous rapproche de la paix à cause du caractère contraignant qu’il comporte », a-t-elle
Elle a toutefois appelé à la patience puisqu’un conflit de trente ans ne s’éteint pas en un jour.
Une conférence de presse décisive à Washington

La Ministre d’État a tenu sa conférence de presse en compagnie de Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et Médias et André Wameso Nkualoloki, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo
Un dispositif officiel qui montre l’importance stratégique de ce tournant diplomatique.
Une phase décisive pour l’avenir de la région des Grands Lacs
La signature de l’accord est unanimement considérée comme un acte majeur du processus de stabilisation.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour vérifier la volonté réelle de chaque partie de traduire les engagements en actes concrets.
Pour Kinshasa, l’objectif est l’arrêt des hostilités, le retrait des troupes rwandaises, l’affaiblissement du M23 et le retour de la paix dans l’Est.
Lydia Mangala


