Les 30 juin et 1er juillet, certains partis membres de l’Union sacrée de la Nation sont descendus dans la rue pour marquer leur soutien à l’accord de Washington.
Nous les en félicitons.
Nos remerciements vont tout particulièrement aux militantes et militants du Parti Travailliste, qui ont répondu spontanément à notre appel à manifester, lancé la veille seulement. Ils ont fait preuve d’un militantisme indiscutable.
Il est des moments où les clivages entre majorité et opposition doivent s’effacer devant les exigences supérieures de la patrie.
Une telle occasion se présente aujourd’hui : celle d’un accord de paix qui pourrait tourner la page de l’agression, ouvrir la voie à une stabilité durable, et offrir à notre jeunesse un véritable horizon de développement.
Nous invitons nos frères de l’opposition à faire la part des choses entre la majorité au pouvoir et la mère patrie, entre les intérêts politiques du moment et l’intérêt général de l’État.
Plutôt que de s’épuiser à traquer les failles de l’accord, il serait plus constructif et plus noble de mettre en lumière ce qui, dans ce texte, sert notre peuple et prépare l’avenir.
L’opinion nationale serait agréablement surprise de voir l’opposition organiser, à son tour, une marche en soutien à un accord qui ouvre une perspective de paix.
Ce serait un geste fort, un acte républicain, un signal de maturité.
Si l’opposition pro-rébellion voit son rêve de prise du pouvoir par les armes s’évanouir, l’opposition pro-démocratie , qui n’a jamais cautionné l’agression rwandaise , gagnerait le cœur des Congolais en saluant publiquement l’accord.
Elle en sortirait grandie, renforçant à la fois sa crédibilité et son enracinement populaire.
Car au-delà de la paix, il y a ce pari stratégique : celui d’un deal historique entre la RDC et ses partenaires, échangeant l’exploitation encadrée de nos minerais critiques contre la stabilité, la transformation locale et le développement.
Si ce partenariat est bien négocié, il permettra l’implantation d’usines de transformation dans notre pays, la création de milliers d’emplois, et la valorisation nationale de nos ressources naturelles.
Ce serait une aubaine pour notre jeunesse.
Quant à l’opposition pro-rébellion, il est temps qu’elle reconnaisse son erreur : celle d’avoir pactisé avec un pays agresseur et cautionné une rébellion instrumentalisée de l’extérieur pour légitimer l’agression.
Elle peut si elle en a le courage , reconnaître sa faute, s’amender et espérer le pardon. L’histoire, parfois, accorde une seconde chance.
Nous appelons également les rebelles eux-mêmes à prendre leur courage à deux mains : reconnaître leur égarement, faire leur mea culpa, déposer les armes et rejoindre le processus de Nairobi, où ils pourront négocier une amnistie en vue d’un retour à la vie civile.
Rejoindre la République n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de lucidité et de grandeur.
Depuis l’indépendance, notre pays a trop souffert : troubles, coups d’État, rebellions, règlements de comptes…
Tant de guerres pour si peu de progrès. Le résultat ? Un géant aux pieds d’argile . Humilié même par un petit pays comme celui qui ne cesse de nous agresser .
En vérité, personne n’a rien à perdre si, pour une fois, nous mettons de côté ce qui nous divise au profit de ce qui nous unit : la patrie.


