La Banque Centrale du Congo (BCC) a tenu, le mardi 16 décembre 2025 à Kinshasa, une réunion stratégique avec les responsables des messageries financières opérant en République démocratique du Congo.
Présidée par le Gouverneur de la BCC, André Wameso, cette séance de travail a permis de clarifier la portée de la réglementation des changes et de rappeler avec fermeté que le Franc congolais, consacré par la Constitution comme monnaie nationale, ne peut être marginalisé dans les opérations de transfert de fonds.
La prédominance des devises étrangères, un frein à l’inclusion financière
Au cours des échanges, la BCC a relevé une réalité préoccupante : plus de 80 % des transferts domestiques et la totalité des transferts internationaux opérés par les messageries financières sont dénoués en devises étrangères.
Cette situation contraint de nombreux usagers, pourtant détenteurs de Francs congolais, à se procurer des monnaies étrangères pour accéder aux services d’envoi et de réception de fonds.
Une telle pratique prive une large frange de la population de la possibilité d’effectuer des transactions dans la monnaie nationale, renforçant ainsi la dépendance aux devises et limitant l’inclusion financière.
La BCC a rappelé que si la réglementation des changes autorise le dénouement des transactions en monnaies étrangères sur base d’un accord entre les parties, elle n’accorde en aucun cas le droit de refuser une opération en Franc congolais lorsque le client en exprime le choix.
Le Franc congolais au cœur de la stabilité monétaire
Face à ce constat, la Banque Centrale du Congo a instruit les messageries financières à se conformer strictement à la réglementation en vigueur, en laissant aux clients la liberté de choisir la monnaie de leurs transactions, qu’il s’agisse du Franc congolais ou d’une devise étrangère.
Cette exigence implique notamment l’intégration effective, dans leurs applications et plateformes, des options d’envoi et de réception en CDF.
La BCC a également souligné l’importance stratégique du transfert de fonds en Franc congolais, y compris par la diaspora. Une telle orientation contribuerait à l’accroissement des réserves en devises, tout en renforçant la stabilité monétaire et la crédibilité de la monnaie nationale.
À travers cette démarche, la Banque Centrale réaffirme sa volonté de promouvoir l’usage du Franc congolais, de protéger les droits des consommateurs et de consolider un système financier plus inclusif et plus équilibré au service de l’économie nationale.
Lydia Mangala


