La République démocratique du Congo a porté haut sa vision de développement des infrastructures lors du forum mondial Transforming Transportation, organisé au siège de la Banque mondiale à Washington, D.C.. Prenant la parole le mardi 10 mars 2026, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a exposé l’ambition du gouvernement congolais de faire du pays un acteur central de l’interconnectivité régionale, conformément à la vision du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Devant un parterre d’experts, de décideurs et de partenaires financiers, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les corridors internes afin de soutenir l’intégration régionale. Selon lui, les infrastructures routières ne doivent pas être perçues uniquement comme de simples voies de circulation, mais comme un véritable levier de développement économique et social.
« On ne peut pas considérer les corridors d’intégration régionaux, comme celui de Lobito ou les corridors centraux, de manière isolée. Il faut les sous-tendre par des corridors internes fluides », a déclaré John Banza Lunda.
Avec ses neuf frontières et onze couloirs de transit, la RDC occupe en effet une position géographique stratégique reliant l’Afrique du Nord et l’Afrique australe, ce qui lui confère un rôle clé dans la dynamique d’intégration du continent.
Le ministre a également mis en avant le potentiel du Corridor de Lobito, un projet reliant la RDC, l’Angola et la Zambie. Au-delà des infrastructures ferroviaires et routières, ce corridor est présenté comme un levier de développement intégré pour la région. Le ministre a notamment appelé à une harmonisation des cadres législatifs et techniques entre les pays concernés afin que ces infrastructures profitent directement aux populations locales.
La stratégie présentée par le ministère repose sur trois axes majeurs :
– Construction, pour développer des infrastructures adaptées aux besoins du continent ;
– Gouvernance, afin de garantir une gestion et un entretien efficaces des ouvrages ;
– Croissance, en connectant les zones de production aux marchés régionaux.
Cette approche globale a suscité un vif intérêt parmi les participants au forum, plusieurs experts estimant que l’intégration africaine passe nécessairement par une meilleure connectivité des infrastructures au cœur du continent.
À cette occasion, le ministre congolais a également lancé un appel aux partenaires internationaux, notamment à la Banque mondiale, pour soutenir les efforts visant à connecter les grands corridors transnationaux aux réseaux routiers internes de la RDC. Selon lui, l’intégration économique de l’Afrique ne pourra pleinement se réaliser sans une RDC dotée d’infrastructures solides et interconnectées.
À Washington, John Banza a ainsi défendu la vision de faire de la position géographique stratégique du Congo un moteur de développement pour l’ensemble du continent africain.
Lydia Mangala



« On ne peut pas considérer les corridors d’intégration régionaux, comme celui de Lobito ou les corridors centraux, de manière isolée. Il faut les sous-tendre par des corridors internes fluides », a déclaré John Banza Lunda.