Kinshasa, 28 novembre 2025. Le ministre des Mines, Maître Louis Watum Kabamba, a présenté ce jeudi 27 novembre 2025 les conclusions de sa récente mission de contrôle menée dans l’espace Grand Katanga. Exposée lors d’un briefing presse co-animé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, cette restitution officielle a permis de dresser un bilan sans complaisance : résultats obtenus, obstacles rencontrés, failles identifiées et premiers indicateurs de performance.
Dès l’entame de son intervention, Louis Watum a posé un triple cap qu’il veut transformer en socle durable de son mandat : gouvernance, traque à la fraude et structuration de l’artisanat minier.
« La priorité que je me suis fixée, c’est de renforcer la bonne gouvernance, la traçabilité, mais aussi de lutter contre la fraude minière et d’encadrer l’artisanat minier comme il se doit », a-t-il déclaré avec fermeté.
Contrôles renforcés et traçabilité comme levier de crédibilité
S’appuyant sur les constats du terrain, le ministre a annoncé :
• le durcissement des mécanismes de contrôle,
• le renforcement de la traçabilité des minéraux,
• et l’amplification des partenariats avec les acteurs locaux, pour garantir une exploitation plus responsable, durable et fiscalement intégrée.
Pour lui, la traçabilité n’est pas seulement un outil technique, mais un levier de confiance stratégique.
Elle doit permettre à la RDC de mieux :
• authentifier l’origine des minéraux,
• documenter leur parcours sur la chaîne d’approvisionnement,
• réduire drastiquement la fraude et les exportations illégales,
• optimiser les recettes publiques,
• et rassurer investisseurs et partenaires internationaux sur la conformité juridique et environnementale des ressources congolaises.
L’artisanat minier : de la survie économique à l’intégration structurante
Le ministre a également souligné l’urgence de professionnaliser le secteur minier artisanal, à travers :
• la formation ciblée des opérateurs artisanaux,
• le renforcement de leurs capacités,
• et une intégration progressive dans le cadre légal, fiscal et normatif du pays.
Objectif : transformer l’artisanat minier souvent informel et vulnérable en un acteur reconnu de l’économie locale, sécurisé, réglementé et créateur de valeur pour l’État comme pour les communautés riveraines.
Exploration géologique : l’expertise nationale désormais prioritaire
Au-delà de la conformité, Louis Watum veut replacer l’exploration géologique au cœur de la stratégie minière nationale.
Selon lui, connaître précisément le sous-sol congolais est la condition première pour planifier un développement minier souverain et compétitif.
Dans un plaidoyer vibrant pour l’expertise locale, il a insisté :
« Nous devons investir dans l’exploration géologique, mais cette fois, avec nos géologues congolais. Ils n’ont pas peur d’aller au bout du monde, de boire l’eau sale et d’affronter les environnements les plus rudes. Donnons-leur les moyens qu’ils méritent, pour découvrir nous-mêmes nos gisements », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, financer et autonomiser l’expertise géologique congolaise, c’est :
• réduire la dépendance envers les bureaux étrangers,
• protéger la souveraineté sur le sous-sol,
• et repositionner l’ingénierie nationale comme pilier de décision et d’investissement.
Un mandat transformé en actions, sous surveillance
Enfin, le ministre s’est engagé à convertir ces priorités en actions concrètes dès les prochaines semaines.
Les failles opérationnelles relevées lors de la mission de contrôle seront soumises à un suivi renforcé, avec un objectif clair : faire de la RDC non seulement le premier producteur mondial de cobalt, mais surtout une référence en gouvernance minière responsable, compétitive et créatrice d’impact socio-économique durable.
Joséphine Mawete


