Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août 2025, la porte-parole du gouvernement, Tina Salama, a enfin levé le voile sur la composition du second gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Après une longue attente, cette nouvelle équipe rassemble 53 membres : 6 Vice-Premiers ministres, 10 ministres d’État, 24 ministres ordinaires, 5 ministres délégués et 6 vice-ministres.
17 femmes au cœur du pouvoir, une avancée modeste mais encourageante
Cette formation gouvernementale se distingue par une présence féminine renforcée avec 17 femmes nommées, soit 32 % de l’ensemble des postes.
Une progression notable par rapport aux gouvernements précédents, et un signe fort envoyé dans un pays où la représentation des femmes reste un combat de longue haleine.
Toutefois, si cette avancée est réelle, elle reste insuffisante face à la promesse constitutionnelle de parité. La RDC continue de naviguer entre tradition et modernité, et le chemin vers une égalité effective demeure semé d’embûches.
Des femmes aux commandes de ministères stratégiques
Plusieurs figures féminines occupent désormais des portefeuilles clés, témoignant de leur rôle central dans la conduite des politiques publiques :
– Thérèse Kayikwamba Wagner, reconduite à la tête des Affaires étrangères, confirme son statut d’actrice majeure de la diplomatie congolaise.
– Raïssa Malu pilote le ministère de l’Éducation nationale, enjeu fondamental pour l’avenir du pays.
– Marie-Thérèse Sombo, à l’Enseignement supérieur et universitaire, œuvre pour la formation des élites de demain.
– Ève Bazaiba, en ministre d’État aux Affaires sociales, porte la responsabilité d’un secteur clé pour la cohésion sociale.
– Acacia Bandubola, au ministère des Hydrocarbures, intervient dans un secteur stratégique de l’économie nationale.
– Marie Niangé Ngambo à l’Environnement, poste d’une importance cruciale face aux défis climatiques et écologiques.
Cette répartition illustre une volonté de confier aux femmes des responsabilités à la fois symboliques et opérationnelles.
Une présence féminine renforcée dans les ministères régaliens et délégués
Au-delà des ministres, la nouvelle équipe voit un renforcement des femmes dans les ministères régaliens :
– Eugénie Tshela à l’Intérieur,
– Noëlla Ayeganagato aux Affaires étrangères,
– Gracia Yamba Kazadi aux Finances,
Des postes aux enjeux majeurs qui traduisent une reconnaissance progressive de la compétence féminine dans la gestion des dossiers sensibles.
Par ailleurs, les ministres délégués, souvent chargés de thématiques spécifiques, sont à 80 % des femmes, signe d’une volonté d’ouverture sur des questions sociales, environnementales et inclusives.
Un équilibre à consolider pour une gouvernance réellement inclusive
Si ce gouvernement Suminwa II marque une avancée symbolique, il doit désormais transformer ces nominations en actions concrètes.
La réussite de cette dynamique passera par des moyens accrus, des responsabilités effectives et une volonté politique affirmée pour briser les barrières culturelles et institutionnelles.
Le défi est de taille. Il serait important faire en sorte que la présence accrue des femmes ne soit pas seulement une image, mais une réalité impactante sur le terrain, pour l’ensemble des Congolaises et Congolais.
Une progression à consolider
Si cette montée en puissance féminine est saluée, elle reste partielle et appelle à un engagement renouvelé. La parité demeure un objectif à atteindre, et cette nouvelle équipe gouvernementale devra prouver qu’elle sait accompagner ses nominations d’actions concrètes, de moyens suffisants et de responsabilités réelles.
Ce nouveau gouvernement pose les bases d’une RDC plus inclusive, capable d’intégrer pleinement les femmes dans son processus décisionnel.
À travers ces nominations, c’est aussi une nouvelle vision de la gouvernance qui s’esquisse, plus proche des aspirations sociales et des défis contemporains.
Avec 17 femmes aux commandes, le gouvernement Suminwa II ouvre une nouvelle ère. Il reste à transformer cet élan en progrès durable, pour une République démocratique du Congo plus juste, plus équilibrée et tournée vers l’avenir.
Lydia Mangala


