Oui, il faut bien qu’on se la pose, cette question.
Et qu’on y apporte une réponse… juste.
Alors, je réponds, mi-sérieuse, mi-amère :
Est-ce avoir un doctorat en promesses non tenues,
Ou un master en gymnastique politique ?
Faut-il être diplômé en changement de camp,
Ou expert en serrage de mains bien placées ?
Est-ce briller dans l’organisation d’événements sous le haut patronage ?
Ou exceller en Atalaku pendant la campagne électorale ?
Faut-il prier dans la même église ?
Ou simplement connaître un membre de la grande famille chrétienne…
Politique ou humaine ?
J’ai vu, sur les réseaux, de véritables campagnes ministérielles
À peine l’annonce du remaniement publiée.
Des jeunes, des adultes, des vieux,
Habillés de leurs plus beaux costumes,
Affichant leurs CV comme on placarde des posters de concert.
Les likes et les partages se transformaient en votes virtuels.
Les ministres en fonction, eux, montraient images à l’appui
Les résultats de leur dur labeur :
Des premières pierres posées,
Des rubans coupés,
Des participations à des événements…
Mais rarement des chiffres concrets du changement.
Y a-t-il un ministre qui, en entrant en fonction,
Fait un véritable état des lieux,
Élabore un plan,
Rédige un énoncé clair du problème,
Définit l’objectif et l’hypothèse qui le soutient ?
Nos ministres sont devenus experts… en maintien de position.
Ici, la fonction se transmet parfois de père en fils,
Comme la chaire pastorale se lègue de génération en génération.
Les politiques, peu enclins à quitter la scène,
Restent là… même quand la musique s’arrête.
La question qui me hante est celle-ci :
Est-ce l’amour du Congo qui est requis ?
Ou seulement l’amour de sa propre photo
Dans le Journal officiel ?
Peut-être qu’un jour,
Les critères seront :
Aimer sincèrement les Congolais et le Congo,
Avoir les compétences,
Des valeurs éthiques solides,
Les mains propres,
Les oreilles ouvertes,
Et le courage de résister à la corruption.
Mais tous ne sont pas pareils…
Il y en a, quelques-uns,
Qui tentent d’avancer avec un peu de droiture
Et s’efforcent de faire quand même ou de bien faire,
Même si on ne leur confie pas toujours le bon ministère.
Ils sont toutefois arrivés par la porte du mérite,
Ils sont comme un fruit encore frais
Au milieu d’une corbeille de fruits abîmées.
Courage à eux… car préserver sa saveur
Quand tout autour se corrompt
Demande une force rare.
Mais pour l’instant…
Il suffit de connaître le bon numéro,
D’avoir choisi le bon côté de l’histoire,
Et prêté serment non pas à la Nation,
Mais à celui qui distribue les portefeuilles.
Pour l’instant,
Le mérite s’écrit à l’encre invisible.
Le talent se mesure au volume des applaudissements
Que l’on offre au chef du moment.
Et le peuple, oui, nous le peuple, spectateur fatigué,
Scrolle les annonces comme un feuilleton sans fin,
Où chaque saison promet une intrigue nouvelle
Mais répète toujours la même histoire : Corruption, Incompétence et Souffrance!
Alors, dites-moi…
Quel est le critère pour être ministre en RDC ?
Peut-être… savoir jouer le rôle
Sans jamais perdre le costume.
Moi, je rêve du jour
Où le critère sera celui-ci :
Servir.
Et non… se servir.
Slam de Do Nsoseme Dora
08/11/2025


