Du 18 au 19 février 2026, Kinshasa a été le centre des réflexions stratégiques sur l’avenir numérique de l’Afrique centrale. Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a procédé, le jeudi 19 février, à la clôture officielle de la 10ᵉ session ordinaire de la Conférence des régulateurs de l’Afrique centrale, organisée par l’Assemblée des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique Centrale. Cette rencontre de haut niveau, tenue en République démocratique du Congo, s’est déroulée sous le thème centré sur la stratégie de coopération sous-régionale pour une régulation harmonisée des services de télécommunications par satellites non géostationnaires.
Devant un parterre composé du président exécutif de l’ARTAC, des présidents et directeurs généraux des autorités de régulation membres ainsi que des partenaires techniques et opérateurs du secteur, le ministre a salué deux journées d’échanges intensifs et de réflexions approfondies. Il a souligné que la RDC, sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, a fait du numérique un levier majeur de croissance et de transformation.
Dans son allocution, Augustin Kibassa a insisté sur la volonté du gouvernement de bâtir une économie numérique inclusive capable d’améliorer durablement le quotidien des citoyens. Il a également exprimé sa gratitude aux régulateurs membres de l’ARTAC pour avoir choisi Kinshasa comme ville hôte, y voyant la preuve de la vitalité de la coopération sous-régionale. Le ministre a remercié l’ensemble des experts, opérateurs et partenaires techniques dont les contributions ont permis d’approfondir la réflexion sur la régulation des services par satellites NGSO.
Abordant la question de la cybersécurité, il s’est dit fier des avancées significatives enregistrées par la RDC à travers le Plan national du numérique, marqué notamment par l’extension massive de la connectivité et la dématérialisation progressive de l’administration publique. Selon lui, des étapes importantes ont été franchies dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de cybersécurité, condition indispensable pour garantir un cyberespace de confiance et renforcer l’attractivité du marché congolais.
Le ministre a, à ce titre, salué le rôle déterminant de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo(ARPTC), qu’il a qualifiée d’architecte de l’équilibre du marché. Il a reconnu à cette institution une rigueur technique et une capacité d’innovation réglementaire qui favorisent une concurrence saine et encouragent les investissements dans les infrastructures de nouvelle génération.
Insistant sur la dimension régionale, Augustin Kibassa a rappelé qu’aucun pays ne peut relever seul les défis liés à la connectivité transfrontalière et à la gestion des fréquences. Il a souligné que l’apport de l’ARTAC demeure indispensable pour synchroniser les stratégies nationales et faire de l’Afrique centrale un espace numérique cohérent et compétitif. Les recommandations issues de cette 10ᵉ session, notamment sur la régulation harmonisée des satellites NGSO, constituent selon lui le socle d’une véritable révolution de la couverture réseau, en particulier dans les zones rurales et enclavées.
En facilitant l’accès à ces technologies de pointe, les États membres entendent accélérer le désenclavement numérique, stimuler la création d’emplois pour la jeunesse et soutenir l’essor de la fintech, de l’e-gouvernement et de l’e-santé, piliers du développement socio-économique régional. Le ministre a conclu en affirmant que la transformation numérique de l’Afrique centrale n’est plus un projet lointain, mais une réalité en construction collective.
La session a connu une participation régionale notable avec la présence de sept pays, dont la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale. Les travaux ont également bénéficié de la contribution de SMART et, en visioconférence, du représentant du Secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications.
En prélude à la session ordinaire, deux ateliers techniques ont été organisés les 16 et 17 février 2026. Ils ont porté respectivement sur la régulation des services de télécommunications par satellites NGSO et sur l’adoption de recommandations de sécurité relatives aux services financiers au niveau sous-régional. Les participants ont notamment retenu l’amendement des statuts révisés de l’ARTAC, l’élaboration d’un cahier des charges pour la désignation du Secrétaire exécutif et du régulateur de l’État du siège, ainsi que la nécessité pour les régulateurs membres d’abriter davantage de réunions des groupes de travail. La prise en compte des résolutions de l’Union internationale des télécommunications relatives à l’intégration du genre dans les activités de l’ARTAC figure également parmi les avancées majeures.
Lydia Mangala


