Le ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a échangé, le mercredi 10 décembre 2025 dans son cabinet de travail, avec une délégation de haut niveau de la Banque mondiale conduite par Binyam Reja, Directeur du Pôle Infrastructures de Transport pour l’Afrique de l’Est et Australe.
Cette rencontre a permis de réaffirmer les avancées communes autour du Corridor de Lobito et d’affiner une vision globale destinée à moderniser les infrastructures nationales et à renforcer l’intégration régionale.
Un corridor envisagé comme un levier global de développement
Dès l’ouverture des échanges, le ministre a tenu à replacer le Corridor de Lobito dans une perspective plus large que la seule ligne ferroviaire.
Il a rappelé que ce corridor doit devenir un véritable système structurant pour le pays, créant une articulation stratégique entre le centre et l’Est, tout en assurant un lien cohérent entre le Corridor de Lobito et le Corridor Central.
Pour la Banque mondiale, cette approche confirme le rôle décisif de la RDC dans l’intégration sous-régionale, notamment dans un contexte où les corridors de transport deviennent des vecteurs majeurs de croissance et de compétitivité.
PACT : une connectivité repensée pour moderniser les réseaux de transport
Les discussions ont permis de revisiter les progrès déjà réalisés dans le Programme de Connectivité des Transports, plus connu sous le nom de PACT.
Le ministre a évoqué les efforts engagés sur les axes prioritaires, notamment la modernisation des routes à deux chaussées vers l’Est.
Il a rappelé sa visite récente sur l’axe Mbuji-Mayi–Kabinda, où il a demandé l’intégration d’espaces de repos pour améliorer les conditions de mobilité et renforcer la sécurité routière.
Les échanges ont également porté sur le futur PACT 3, conçu comme une extension plus globale intégrant les voies navigables, l’aviation et d’autres infrastructures essentielles. Cette approche élargie vise à doter le pays d’un système de transport cohérent, résilient et adapté aux ambitions nationales.
Lobito au centre des stratégies de connectivité nationale et régionale

Le Corridor de Lobito a constitué le cœur de la réunion. Les discussions ont mis en lumière les besoins en connectivité routière, les enjeux liés aux premiers et derniers kilomètres, ainsi que la nécessité d’infrastructures complémentaires pour rendre pleinement opérationnel ce corridor structurant.
Pour la Banque mondiale, la RDC occupe une place stratégique dans l’architecture régionale, et la mise en valeur de Lobito représente une opportunité pour améliorer les échanges commerciaux, dynamiser les investissements logistiques et renforcer la coopération avec les pays voisins.
Les deux parties ont convenu de poursuivre un travail technique approfondi afin de garantir que chaque composant du corridor réponde aux standards internationaux en matière de résilience, de fluidité et de sécurité.
Un forum national pour renforcer la gouvernance et attirer des financements innovants
La rencontre a également abouti à un accord important concernant l’organisation d’un forum national consacré aux infrastructures.
Ce rendez-vous, co-piloté avec la Banque mondiale, permettra de réfléchir aux meilleures pratiques en matière de gouvernance, de consolider les capacités nationales et d’explorer des mécanismes de financement innovants, notamment les partenariats public-privé.
Pour le gouvernement comme pour les experts internationaux, ce forum constituera un moment fort pour clarifier les orientations stratégiques du secteur et instaurer une culture décisionnelle fondée sur la transparence et l’efficacité.
Des actions immédiates pour donner corps à la vision présidentielle
Le ministre a annoncé son déplacement à Butembo le 18 décembre pour lancer de nouveaux travaux routiers en présence de quinze députés nationaux de l’Est.
Ce geste a été salué comme une lueur d’espoir pour une région confrontée à de multiples défis.
Il a également confirmé la mise en place d’une cellule des études chargée de renforcer la gestion technique des projets, en complément de la cellule dédiée aux normes déjà opérationnelle.
De son côté, la Banque mondiale a indiqué que l’approbation du prêt pourrait intervenir dans un délai de six à douze mois, ouvrant ainsi la voie au lancement des grands travaux, notamment dans le domaine ferroviaire.
Un engagement mutuel placé sous le signe de la vision présidentielle
La délégation, à laquelle a notamment pris part Billy Tshibambe, coordonnateur de la Cellule Infrastructures, a réaffirmé sa détermination à poursuivre le travail engagé conformément à la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Les partenaires ont convenu que le processus se déroulera par phases successives afin d’assurer un cadre de travail à la fois stable, structuré et durable.
Cette rencontre vient ainsi consolider un partenariat stratégique essentiel pour la transformation des infrastructures congolaises et pour l’avenir de la connectivité nationale et régionale.
Lydia Mangala


