La recomposition du gouvernement Suminwa II a marqué un tournant dans la trajectoire politique d’Ève Bazaiba Masudi.
Figure incontournable de la scène politique congolaise, elle quitte le ministère de l’Environnement et du Développement durable, qu’elle dirigeait depuis avril 2021, pour prendre les rênes du ministère d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale.
Elle succède à ce poste à un moment charnière, dans un contexte où les enjeux de cohésion sociale, de gestion des crises humanitaires et d’inclusion sociale sont plus pressants que jamais. Son ancienne fonction est désormais confiée à Marie Niangé Ndambo.
Une trajectoire politique solide et une influence affirmée
Députée nationale, présidente de la Commission socioculturelle à l’Assemblée nationale et secrétaire générale du Mouvement de Libération du Congo (MLC) depuis 2014, Ève Bazaiba incarne depuis deux décennies un leadership ancré dans la proximité avec les réalités du terrain.
Sénatrice à Kinshasa de 2007 à 2012, elle a su imposer sa voix dans les débats nationaux, défendant des causes allant de la justice sociale à la gouvernance environnementale, tout en consolidant sa stature sur le plan international.
Un profil académique et professionnel diversifié
Formée à la rigueur juridique et à la compréhension des dynamiques internationales, Ève Bazaiba est diplômée en droit public international de l’Université Protestante du Congo et détentrice d’un graduat en sciences sociales de l’Université Cardinal Malula.
Elle a également enrichi ses compétences par des formations spécialisées en leadership politique, résolution de conflits, genre et égalité, délivrées par des institutions internationales reconnues. Ce bagage lui confère une polyvalence rare dans la gestion de dossiers aussi variés que complexes.
Un bilan environnemental qui a marqué les esprits
Durant ses quatre années à l’Environnement, Ève Bazaiba a imprimé une dynamique proactive :
– Gestion durable des ressources naturelles avec des mesures réglementaires inédites ;
– Projet « 1milliard d’arbres » pour le reboisement massif du pays ;
– Sanctuarisation de la baie de Ngaliema à Kinshasa ;
– Mise en place d’un cadre légal pour le marché du crédit carbone ;
– Inauguration d’un laboratoire technique pour la surveillance environnementale (ACE) ;
– Lancement d’initiatives nationales contre l’insalubrité et de programmes de gestion des déchets.
Un engagement international et humanitaire constant
Porte-voix de la RDC dans les instances internationales, elle a défendu la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale et présenté la RDC comme un « pays-solution » face à la crise climatique, notamment lors du Pré-COP30 à Paris et du Forum des Nations Unies sur les Forêts à New York.
En parallèle, elle a initié ou accompagné des actions humanitaires ciblées, en particulier en faveur des populations déplacées par les conflits, comme à Goma.
Un nouveau portefeuille stratégique
À la tête des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba hérite d’un ministère à la croisée de plusieurs urgences comme :
– le renforcement de la cohésion sociale dans un pays aux multiples diversités ;
– la réponse aux crises humanitaires et aux déplacements internes ;
– la mise en place de programmes d’inclusion et de protection sociale durables ;
– la oordination avec les acteurs humanitaires et ONG pour une action plus efficace.
Sa capacité à conjuguer vision stratégique, ancrage local et réseaux internationaux pourrait être un atout décisif pour transformer ce ministère en véritable moteur de solidarité nationale.
En somme, cette permutation ne sonne pas comme une simple rotation ministérielle, mais comme un repositionnement stratégique qui mise sur l’expérience, le sens politique et la stature internationale d’Ève Bazaiba pour répondre aux enjeux humains les plus pressants du pays.
Lydia Mangala


