Sous l’initiative de l’ONG Leadership des Femmes des Médias, la deuxième édition du panel baptisé « Parole à la Femme » s’est tenue ce jeudi 27 mars 2025 à la salle La perle Ste Anne de Kinshasa.
Cet événement, placé sous le thème « Mobilisation sur l’éveil patriotique et l’engagement national des femmes en cette période d’agression dans l’Est de la République démocratique du Congo », a rassemblé plusieurs personnalités du monde politique, médiatique, militaire et associatif autour de l’importance du rôle féminin dans la préservation de la paix et la stabilité du pays.
Une ouverture officielle sous le signe de la mobilisation
Dès l’entame, Annie Mutundu, conseillère en thématique du genre et représentante de la ministre du Genre, Famille et Enfant, Leonnie Kandolo, a officiellement lancé les assises en soulignant le rôle fondamental que doivent jouer les femmes pour la stabilité de la nation.
Insistant sur la nécessité d’un éveil patriotique, elle a rappelé l’importance d’impliquer davantage la gent féminine dans les processus de décision, surtout dans un contexte où la RDC fait face à une situation sécuritaire alarmante dans l’Est.
Une mobilisation féminine face à la crise à l’Est
D’emblée, la coordinatrice de l’ONG Leadership des Femmes des Médias, Grâce Shako, a souligné la nécessité d’impliquer davantage les femmes dans les différents domaines de la vie nationale, particulièrement en temps de conflit.
« En ce temps des conflits que traverse la RDC, l’implication des femmes est vivement souhaitée afin que la participation féminine soit porteuse d’un nouvel air dans cette crise », a-t-elle déclaré.
Ce panel, marqué par la participation d’élues, de journalistes, de militaires et d’activistes, se voulait un espace de dialogue pour réfléchir à l’éveil patriotique et à la contribution féminine dans la défense de la patrie.
Un engagement politique et institutionnel réclamé
Intervenant sur la représentation des femmes au sein des institutions, la députée nationale Dolly Tshilombo a déploré la sous-représentation féminine à l’Assemblée nationale, où à peine 60 femmes siègent sur 500 députés. Selon elle, cette situation doit être renversée pour donner aux femmes la place légitime qui leur revient dans les prises de décision.
Le sénateur Clément Moboyayi a, de son côté, insisté sur la nécessité pour les femmes de cultiver le patriotisme afin de contribuer au rétablissement de la paix dans l’Est du pays.
« Nous ne pouvons pas espérer la paix sans un véritable patriotisme. Une femme patriote peut ramener la paix », a-t-il affirmé, invitant les jeunes filles à s’enrôler dans l’armée et à imposer leur leadership pour être considérées à leur juste valeur.
Des femmes journalistes et militaires à l’avant-garde
Plusieurs figures féminines du secteur médiatique et des forces de sécurité ont partagé leurs parcours et leur vision. Josette Bulamatadi, journaliste à la RTNC2, a appelé à la vigilance en matière d’information durant cette période de guerre.
« Il est très important de se concentrer sur l’essentiel », a-t-elle souligné, regrettant que certaines femmes se laissent happer par des programmes de divertissement au détriment de l’actualité cruciale.
Du côté des forces de sécurité, la commissaire supérieur Colonelle Nicole Ntumba a expliqué son passage du journalisme à la police, exhortant les jeunes femmes à rejoindre les rangs de la Police Nationale Congolaise.
De même, la Colonelle Nenette Mukembe, commandant d’un bataillon de 2000 hommes, a témoigné de son engagement au sein des FARDC, rappelant qu’elle a été blessée en 2008 lors d’une opération militaire.
« L’armée a besoin de tout le monde, médecins, ingénieurs, journalistes etc», a-t-elle martelé, en encourageant les femmes à persévérer dans la formation et la discipline pour mériter leurs galons.
Un impératif humanitaire et social
Au-delà de l’aspect militaire, Annie Modi, directrice exécutive d’AFIA Mama, a évoqué l’urgence humanitaire liée à la crise sécuritaire, insistant sur la nécessité d’un accompagnement accru pour les femmes et les enfants déplacés.
Dans le même élan, Caroline Norah, Country Chair Anti-Gender Based Violence au G100, a dénoncé l’augmentation des violences basées sur le genre dans les zones de conflit, s’appuyant sur des chiffres alarmants qui montrent une hausse de plus de 30 % ces dernières années.
Toutes deux ont appelé à un renforcement de la protection et de l’assistance aux victimes, et à une prise de conscience collective pour éradiquer ces violences.
Ce panel « Parole à la Femme », véritable plateforme d’échanges, a mis en lumière la pluralité d’actions que les femmes congolaises peuvent mener dans la construction d’un avenir pacifique.
Entre l’appel à l’engagement politique, la lutte contre la désinformation, l’implication dans les forces de sécurité ou encore l’accompagnement humanitaire, il ressort que la femme congolaise occupe une place centrale dans la recherche d’une paix durable.
Les différents intervenants ont conclu sur la nécessité d’une synergie entre toutes les couches de la société, rappelant qu’il n’y a pas de développement sans la participation active des femmes, ni de paix stable sans leur leadership .
Lydia Mangala


