La République démocratique du Congo a porté, le vendredi 12 décembre 2025, un plaidoyer ferme et sans détour devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.
Face à la persistance des violences dans l’Est du pays, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exhorté la communauté internationale à sortir de l’inaction et à traduire en actes concrets les engagements pris en faveur de la paix, de la justice et du respect du droit international.
La RDC dénonce l’inaction face aux violations persistantes
Intervenant devant les quinze membres du Conseil, la ministre d’État a dénoncé l’inapplication de la résolution 2773, pourtant adoptée pour faire face à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Elle a condamné la présence continue des forces rwandaises sur le territoire congolais, ainsi que les attaques répétées contre les civils et les Casques bleus.
« Le peuple congolais a droit à la sécurité, à la justice et au respect du droit international. Ce Conseil doit agir pour que ces droits ne restent pas théoriques, mais deviennent enfin une réalité », a déclaré Thérèse Kayikwamba, appelant à une réponse internationale à la hauteur de la gravité des faits.
Des mesures urgentes pour restaurer la crédibilité du Conseil
Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie congolaise a présenté une série de mesures que le Conseil de sécurité est appelé à prendre sans délai afin de garantir l’application intégrale de la résolution 2773.
Elle a notamment plaidé pour l’imposition de sanctions ciblées contre les responsables militaires et politiques de l’agression, l’instauration d’un embargo total sur les minerais exportés comme rwandais, la révocation du statut de contributeur de troupes du Rwanda aux opérations de maintien de la paix de l’ONU et l’établissement d’un régime de notification systématique pour tout transfert d’armes vers le Rwanda.
Pour la ministre, ces actions sont indispensables pour mettre fin à l’impunité et rétablir la crédibilité du Conseil de sécurité, mise à mal par l’absence de mesures concrètes depuis plusieurs mois.
Un appel à la responsabilité des garants des accords de paix
Thérèse Kayikwamba Wagner a également interpellé les pays garants et facilitateurs des récents processus diplomatiques, notamment ceux de Washington, Doha et de la facilitation africaine.
« Les garants de Washington, de Doha et de la facilitation africaine doivent assumer leurs responsabilités. Ces accords ne survivront qu’à la condition d’une fermeté collective et cohérente », a-t-elle insisté, soulignant que la diplomatie congolaise demeure un choix assumé et non une option par défaut.
« La diplomatie n’est pas pour nous un choix par défaut. Elle est l’expression de notre responsabilité d’État et de notre respect du droit international », a-t-elle précisé.
Rejet des accusations et dénonciation de la désinformation
La ministre des Affaires étrangères a rejeté catégoriquement les accusations portées par le représentant du Rwanda, selon lesquelles la RDC soutiendrait les FDLR. Elle a dénoncé une stratégie de désinformation visant à inverser les responsabilités.
« Le recours à des narratifs inversés et à une désinformation systématique pour attribuer à la RDC la responsabilité des attaques commises par la coalition RDF–M23 est une stratégie désormais bien documentée par les mécanismes internationaux », a-t-elle affirmé.
Elle a rappelé que Kigali viole de manière répétée plusieurs engagements diplomatiques, notamment la résolution 2773, l’Accord du 27 juin, l’Accord de Washington du 4 décembre, la Déclaration de principes et l’Accord-cadre de Doha, ainsi que les mécanismes d’intégration économique régionale.
Un appel à l’action pour une paix durable
Critiquant ouvertement l’inaction du Conseil, Thérèse Kayikwamba a déclaré que l’absence de décisions concrètes a permis l’extension des opérations militaires et la poursuite des violations.
« Pendant neuf mois, ce Conseil n’a pris aucune mesure concrète pour faire respecter sa propre résolution et défendre sa mission. Des appels, des avertissements, mais aucun acte », a-t-elle déploré.
En conclusion, la cheffe de la diplomatie congolaise a appelé la communauté internationale à faire respecter les engagements pris et à agir pour permettre l’avènement d’une paix durable dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
« La vérité n’est pas négociable et le droit international ne peut être dévoyé pour légitimer l’agression », a-t-elle averti, invitant les membres du Conseil à faire prévaloir le droit sur l’inaction.
Lydia Mangala


