Le ministère du Genre, Famille et Enfant, avec l’appui d’ONU Femmes RDC, a lancé, le jeudi 18 décembre 2025 à Kinshasa, un atelier national consacré à l’analyse genre des accords de paix.
Cette rencontre stratégique vise l’élaboration d’un agenda structuré de veille et de suivi de la mise en œuvre des engagements pris en matière de paix, dans un contexte national marqué par la quête d’une stabilité durable après des décennies de conflits.
Intégrer le genre comme condition d’une paix durable
Dans son allocution d’ouverture, la ministre du Genre, Micheline Ombae Kalama, a souligné que cet atelier intervient à un moment décisif de l’histoire de la République démocratique du Congo.
Elle a insisté sur la nécessité d’intégrer de manière réelle, inclusive et opérationnelle la dimension genre dans tous les mécanismes de paix, estimant que les accords ne peuvent produire des effets durables s’ils ne tiennent pas compte des réalités sociales, familiales et communautaires.
Pour la ministre, la paix ne se limite pas à un acte diplomatique ou institutionnel. Elle se construit au quotidien et exige un engagement collectif.
« La paix est un choix politique courageux, mais aussi un engagement collectif exigeant », a-t-elle affirmé, appelant les institutions et la société civile à assumer pleinement leurs responsabilités.
Les femmes, piliers silencieux de la reconstruction sociale
Évoquant les accords de paix signés le 4 décembre 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda, Micheline Ombae Kalama les a qualifiés de signal fort pour le peuple congolais et la communauté internationale.
Elle a toutefois rappelé que ces engagements doivent être suivis d’actions concrètes sur le terrain, en particulier face aux défis humanitaires persistants, tels que les déplacements massifs de populations et la vulnérabilité accrue des femmes et des jeunes filles.
Dans ce contexte, la ministre a mis en lumière le rôle central des femmes dans la reconstruction sociale et la stabilité des communautés.
« Les femmes congolaises ne sont pas en marge de ce processus : elles en sont les piliers silencieux et les gardiennes infatigables », a-t-elle déclaré, saluant leur résilience et leur contribution quotidienne à la cohésion sociale, souvent dans des conditions difficiles.
Vers une vigilance citoyenne sur la mise en œuvre des accords
L’atelier rassemble des organisations de la société civile féminine et de jeunesse autour du commun objectif de mettre en place un cadre de veille citoyenne pour assurer le suivi effectif des accords de paix.
Cette démarche, qualifiée de vigilance constructive par la ministre, vise non pas à dénoncer, mais à orienter, consolider et renforcer les processus de paix.
Clôturant son intervention, Micheline Ombae Kalama a appelé à une mobilisation collective des institutions, des femmes, des jeunes et de la société civile pour bâtir une paix inclusive, équitable et durable.

« Une paix qui protège la femme protège l’enfant, et une paix qui protège l’enfant protège l’avenir du Congo », a-t-elle rappelé, plaçant ainsi la protection des femmes et des enfants au cœur des priorités nationales pour l’avenir du pays.
Lydia Mangala


