Ce mardi matin, une atmosphère de tension régnait dans le quartier de Pakadjuma, à Kinshasa, suite à la démolition des habitations informelles effectuée la veille par les autorités provinciales. Les habitants, furieux de la destruction de leurs logements, ont exprimé leur colère en attaquant un sous-commissariat de police sur l’axe BAT, y mettant le feu. Des motos appartenant à des particuliers ont également été incendiées, tandis que d’autres ont été emportées par les manifestants.
Destruction des constructions anarchiques : L’Onatra intervient
L’opération de démolition, supervisée par le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, s’inscrit dans une initiative visant à régulariser la situation de l’habitat informel. Le gouverneur a rappelé que les habitants avaient été avertis depuis plus de six mois de cette opération. Pour faciliter le retour des personnes affectées dans leurs provinces d’origine, l’Office National des Transports (Onatra) a mis à disposition des bateaux pour ceux qui souhaitent quitter la capitale.
Un climat d’insécurité persistant
Malgré ces mesures, la situation demeure chaotique, notamment dans la zone de Kawelé/Onatra, où se trouvait l’ancien bidonville. Les violences ont conduit à des blessures parmi les forces de l’ordre, un policier ayant subi une fracture au genou durant les affrontements, illustrant ainsi l’intensité des confrontations.
Appel à l’intervention des autorités
Face à cette crise, un appel à l’intervention des autorités provinciales et de la police de Kinshasa a été lancé pour rétablir l’ordre et la sécurité dans ce quartier en proie aux violences. Les tensions se sont intensifiées lorsque des habitants, frustrés par la destruction de leurs maisons, ont saccagé une station de carburant, emportant divers biens. Cet acte de protestation a été condamné par plusieurs observateurs, qui estiment que les manifestants auraient dû opter pour une approche pacifique.
Cette escalade de tensions souligne les défis majeurs auxquels les autorités font face dans la gestion de l’habitat informel et des relocalisations forcées à Kinshasa, alors que la ville continue de lutter contre des problèmes d’insécurité, de vol et de propagation de maladies.
Joëlle Luniongo


