Depuis sa nomination à la tête du ministère des Sports et Loisirs, Didier Budimbu s’est attelé à une mission ambitieuse : transformer le slogan « raviver la flamme » en une véritable stratégie de résultats. Entre restructuration technique, relance de la formation et diplomatie sportive active, le patron des sports congolais redessine les contours d’une nation qui n’entend plus seulement participer, mais s’imposer.
Pour le ministre, la grandeur sportive de la République démocratique du Congo ne peut reposer sur des succès éphémères, mais sur des bases structurelles solides. C’est dans cette optique qu’il a fait de la relance des sélections d’âge son cheval de bataille. Après une longue période de léthargie, les catégories U17, U20 et U23 sont redevenues de véritables viviers de performance.
Les premiers résultats sont déjà visibles. Après treize ans d’absence, les Léopards U20 ont retrouvé la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Si leur parcours s’est arrêté en quart de finale en Algérie, frôlant une qualification historique pour le Mondial de la catégorie, il marque surtout le retour d’une méthodologie de travail plus rigoureuse et structurée.
Cette dynamique de professionnalisation se poursuit. Des stages internationaux, comme celui des U23 en Algérie lors de la dernière trêve, permettent désormais de préparer les jeunes talents à des rendez-vous majeurs, notamment le Tournoi de Toulon. Parallèlement, les U17 sont attendus au Maroc en mai 2026 pour une CAN où les ambitions congolaises sont clairement affichées.
Le point d’orgue de cette politique reste toutefois la qualification de l’équipe nationale senior pour la Coupe du Monde 2026, 52 ans après. Pour de nombreux observateurs, ce succès dépasse le cadre sportif : il reflète un climat de sérénité et de rigueur instauré autour de la sélection. En garantissant une logistique maîtrisée et en protégeant le groupe, Didier Budimbu a contribué à repositionner les Léopards sur la scène mondiale.
Mais réduire son action au football serait incomplet. Sous son impulsion, la RDC s’inscrit dans une dynamique d’inclusion et de diversification sportive. L’exploit des Léopards dames U25 en handibasket, qualifiées pour la Coupe du Monde, illustre cette volonté d’élargir les horizons. Dans le même élan, les performances en boxe, avec plusieurs médailles aux Championnats d’Afrique, ainsi que la montée en puissance du handball, témoignent d’un regain de compétitivité multisports.
Infrastructures et réformes : les chantiers de la pérennité
La RDC renforce également sa position sur la scène continentale en redevenant une terre d’accueil pour les grandes compétitions. L’organisation prochaine de la CAN de volley-ball à Kinshasa symbolise ce retour de la diplomatie sportive et la crédibilité retrouvée du pays auprès des instances internationales.
Conscient que le talent doit s’appuyer sur des infrastructures adéquates, le ministre s’attaque désormais à l’un des défis majeurs : la modernisation des installations sportives. Plusieurs chantiers de réhabilitation sont en cours à travers le pays, avec l’objectif d’offrir aux athlètes des conditions d’entraînement conformes aux standards internationaux.
Parallèlement, la réforme de la Ligue nationale de football figure parmi les priorités. L’ambition est claire : bâtir un championnat local structuré, régulier et attractif, capable de nourrir durablement les sélections nationales.
Depuis son arrivée, Didier Budimbu semble avoir substitué l’improvisation par une planification rigoureuse. En plaçant la jeunesse, la performance et la diversité au cœur de son action, il ne se contente pas de gérer le sport congolais : il en redéfinit les fondations, avec l’ambition de rendre à la RDC son statut de géant du sport africain.
Josaphat Mayi


