Le retour de Désiré-Cashmir Kolongele Eberande à la Présidence en tant que conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité suscite de vives réactions en RDC. Ancien ministre du Numérique et directeur de cabinet adjoint de Félix Tshisekedi, il remplace Jean-Louis Esambo Kangashe à ce poste stratégique. Sa nomination intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par l’avancée du M23 soutenu par le Rwanda dans l’Est du pays.
Sur la toile, les critiques fusent. Certains estiment qu’un militaire aurait été plus adapté à ce rôle, étant donné la guerre en cours. D’autres déplorent que le gouvernement multiplie les nominations alors que l’urgence serait d’intensifier les actions militaires pour défendre le territoire.
Ceux qui estiment que ce poste devrait revenir à un militaire expérimenté, vu le contexte sécuritaire actuel. Pour eux, la gestion de la sécurité nationale, en particulier face à des menaces telles que l’offensive du M23 soutenue par le Rwanda, exige un savoir-faire militaire que l’on ne saurait attendre d’un technocrate, aussi compétent soit-il dans d’autres domaines.
Ceux qui critiquent le moment choisi pour cette nomination, arguant que l’heure n’est pas aux changements administratifs mais à une riposte militaire décisive. Pour ces détracteurs, la priorité devrait être de renforcer les capacités opérationnelles des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et non de procéder à des ajustements politiques perçus comme déconnectés des réalités du terrain.
Juriste de formation, Eberande n’a pas d’expérience militaire connue, ce qui alimente le scepticisme sur sa capacité à gérer les défis sécuritaires immédiats.
La nomination d’Eberande soulève également des questions sur la nature exacte du rôle de conseiller spécial en matière de sécurité. Ce poste est-il purement stratégique et administratif, destiné à coordonner les différents services de sécurité et à proposer des politiques de long terme ? Ou bien implique-t-il une supervision directe des opérations militaires, comme le suggèrent les critiques qui réclament un profil militaire ?
Si le poste est principalement axé sur la stratégie de sécurité globale, y compris les menaces cybernétiques, la surveillance technologique et la coordination des renseignements, alors l’expertise d’Eberande dans le numérique et la gouvernance pourrait se révéler précieuse. Après tout, la sécurité nationale ne se limite plus aux champs de bataille traditionnels ; elle englobe désormais la cybersécurité, la protection des infrastructures critiques, et la lutte contre la désinformation.
Pour de nombreux Congolais, la nomination d’un conseiller spécial en sécurité à ce moment critique donne l’impression d’un décalage entre Kinshasa et les réalités du front. Certains y voient même une tentative de détourner l’attention des insuffisances dans la gestion militaire de la crise. D’autres, plus modérés, espèrent qu’Eberande pourra apporter une nouvelle approche stratégique à un problème qui, jusqu’à présent, semble résister aux solutions purement militaires.
Mais la patience du peuple congolais est limitée. Face aux violences persistantes dans l’Est, la population attend des résultats concrets. La réussite ou l’échec de cette nomination dépendra de la capacité d’Eberande à répondre rapidement aux besoins sécuritaires, tout en apportant une nouvelle vision à la gestion des crises.
Lydia Mangala


