Le 15 janvier, le quartier Kinsuka Pêcheur, situé dans la commune de Ngaliema à l’ouest de Kinshasa, a été frappé par de fortes pluies. En quelques minutes, les rues se sont retrouvées submergées, causant des dégâts matériels considérables et entraînant une grande quantité de déchets, notamment des bouteilles en plastique, vers la rivière.
Sur place, plusieurs habitantes ont exprimé leur frustration face à l’incivisme des riverains et à l’absence de politiques publiques efficaces en matière d’assainissement.
« L’eau a envahi ma maison. La rivière est tellement encombrée de déchets que les gens y jettent leurs bouteilles. Nous avons notre part de responsabilité, car nous laissons nos déchets un peu partout. Beaucoup de mes affaires sont endommagées : le frigo, le congélateur, la table, même le matelas », a confié Maman Thérèse, visiblement affectée.
Elle souligne que, bien que les habitants aient un rôle à jouer, les autorités doivent également agir. « En RDC, il y a beaucoup d’usines de plastique, mais pas assez de poubelles. Nous, les consommateurs, devrions jeter nos déchets dans des endroits appropriés. Résultat : nos rivières sont bouchées et cela provoque des inondations », explique-t-elle.
Brigitte Kembila, une autre résidente, partage son étonnement face aux pratiques observées dans le quartier.

« Quand je suis arrivée à Kinsuka, je ne savais pas que la rivière servait de poubelle. J’ai vu que de nombreux voisins y jettent leurs déchets, et même les tuyaux des toilettes y déversent leurs contenus », raconte-t-elle. Elle a été frappée par le nombre de bouteilles flottantes dans la rivière.
« Avant que l’État n’intervienne, nous devons changer notre mentalité et prendre nos responsabilités », insiste-t-elle.
Une autre habitante a noté que les inondations avaient causé moins de dégâts cette fois-ci par rapport aux précédentes.
« Chez moi, l’eau n’est pas entrée comme d’habitude. Nous avons eu de la chance. Pourtant, l’une des principales causes de ces inondations reste les déchets plastiques. Quand on les enlève, le niveau de l’eau baisse et elle circule normalement », a-t-elle observé.
Kinsuka Pêcheur, situé en bordure du fleuve Congo, est particulièrement vulnérable aux inondations. Sa position géographique, combinée à des pluies abondantes et à la montée des eaux, provoque régulièrement des débordements. Plusieurs maisons ont été endommagées, rendant certaines inhabitables après les fortes pluies des 14 et 15 janvier.
Face au manque d’infrastructures d’assainissement, à l’absence de poubelles publiques et aux comportements inciviques, les habitantes de Kinsuka Pêcheur appellent à une prise de conscience collective. Pour elles, la lutte contre les inondations nécessite à la fois l’action de l’État et un changement de mentalité au sein de la communauté.
Joëlle Luniongo


