La République démocratique du Congo et la Tanzanie veulent désormais faire de leur coopération énergétique un véritable moteur de développement économique régional. Réunis jeudi 7 mai 2026 à Dodoma, capitale politique tanzanienne, les responsables des deux pays ont affiché la volonté de transformer les immenses ressources énergétiques partagées entre les deux États en opportunités concrètes de croissance, de stabilité et d’amélioration des conditions de vie des populations.
Cette rencontre bilatérale de haut niveau a réuni la délégation congolaise conduite par la Ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, et la délégation tanzanienne menée par le ministre de l’Énergie, Deogratius Ndejembi.
Ils ont échangé sur le renforcement du partenariat stratégique entre Kinshasa et Dodoma dans les domaines de l’exploitation pétrolière, de la coopération technique, de la modernisation des infrastructures énergétiques et de la sécurisation des recettes publiques dans le secteur pétrolier.

Dans un contexte où les enjeux énergétiques deviennent de plus en plus déterminants pour les économies africaines, cette rencontre apparaît comme une étape importante dans la volonté des deux pays de bâtir une coopération basée sur des intérêts mutuels, une gestion concertée des ressources naturelles et une vision commune du développement régional.
Dès l’ouverture des discussions, les deux parties ont insisté sur la nécessité d’approfondir les mécanismes de coopération entre la RDC et la Tanzanie afin d’exploiter efficacement leur potentiel énergétique commun.
Les échanges ont notamment porté sur le partage d’expertise technique, le développement des capacités dans l’industrie pétrolière ainsi que l’harmonisation des pratiques de gestion dans le secteur des hydrocarbures.

Pour les deux gouvernements, il ne s’agit plus seulement de maintenir des relations diplomatiques de bon voisinage, mais de construire un partenariat énergétique solide capable de générer des retombées économiques durables pour les deux peuples.
L’un des principaux sujets abordés durant cette rencontre concerne l’exploitation du Lac Tanganyika, considéré comme une zone stratégique d’intérêt commun entre les deux pays voisins. Avec ses importantes réserves encore largement inexploitées, cet espace frontalier représente un potentiel pétrolier majeur que Kinshasa et Dodoma souhaitent désormais gérer dans un esprit de coopération et d’équilibre.
Pour la ministre d’État congolaise, Acacia Bandubola, cette dynamique commune traduit la qualité des relations diplomatiques qu’entretiennent actuellement les présidents des deux nations.
La patronne des Hydrocarbures en RDC a insisté sur la nécessité de transformer cette proximité politique en projets économiques concrets et bénéfiques pour les deux États.
« Nos deux Chefs d’État entretiennent de très bonnes relations. C’est ce socle qui doit nous permettre de consolider notre relation de fraternité et de coopération, que ce soit en amont ou en aval pétrolier. Il est crucial que nos deux États sortent gagnant-gagnant de cette exploitation commune », a déclaré Acacia Bandubola Mbongo.
La RDC et la Tanzanie affichent leur volonté d’éviter les tensions souvent observées autour des ressources transfrontalières en privilégiant plutôt le dialogue, la concertation et le partage équitable des bénéfices liés à l’exploitation pétrolière.
Mais au-delà des ambitions liées à l’exploration pétrolière, les discussions ont également mis en lumière un autre défi majeur auquel fait face la République démocratique du Congo, celui de la fraude dans le secteur pétrolier en aval. Selon les autorités congolaises, les pertes liées aux fraudes sur les produits pétroliers en transit atteignent des proportions particulièrement préoccupantes, privant chaque année le trésor public de ressources considérables.
Le gouvernement congolais estime ces pertes à près de 800 millions de dollars américains par an, une situation qui impacte directement les capacités de financement des projets publics et des infrastructures essentielles.
Face à cette réalité, Kinshasa et Dodoma souhaitent désormais mettre en place des mécanismes de contrôle renforcés afin de mieux sécuriser les circuits de distribution des produits pétroliers et limiter les détournements de recettes.
Le ministre tanzanien de l’Énergie, Deogratius Ndejembi, et son homologue congolaise ont ainsi évoqué la nécessité d’une coopération technique plus poussée entre les services des deux pays afin d’améliorer la traçabilité des produits pétroliers et renforcer les dispositifs de surveillance.
L’objectif affiché par les deux gouvernements est clair : récupérer les importantes ressources financières qui échappent actuellement aux États afin de les réinjecter dans des projets de développement capables d’avoir un impact direct sur les populations.
À travers cette rencontre de Dodoma, la RDC et la Tanzanie confirment également leur volonté de jouer un rôle plus stratégique dans l’intégration énergétique régionale en Afrique de l’Est et en Afrique centrale.
Dans un contexte continental marqué par la recherche de souveraineté énergétique et de diversification économique, les deux pays entendent faire de leur coopération un modèle de partenariat basé sur la complémentarité des ressources, le partage d’expertise et la défense des intérêts communs.
Cette réunion de haut niveau ouvre ainsi la voie à un renforcement progressif des relations énergétiques entre Kinshasa et Dodoma, avec en perspective des projets communs susceptibles de transformer durablement le paysage économique des deux nations.
Lydia Mangala


