Le 24 août 2025 a marqué le 27ᵉ anniversaire d’un massacre atroce survenu dans le territoire de Mwenga, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
À cette occasion, le prix Nobel de la paix, Dénis Mukwege, a publié un message poignant sur son compte X (anciennement Twitter), dénonçant l’impunité des auteurs de ces crimes et appelant à une justice digne de ce nom pour le peuple congolais.
Les massacres de Kilungutwe, Kalama et Kasika : un traumatisme toujours présent
Le 24 août 1998, plus d’un millier de civils ont été massacrés par les forces armées de l’ANC, branche du mouvement rebelle RCD soutenu par le Rwanda, et par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR).
Les villages de Kilungutwe, Kalama et Kasika ont été le théâtre d’actes d’une cruauté inouïe :
– Des femmes ont été violées, torturées et mutilées avant d’être tuées.
– Des enfants ont été massacrés, certains corps jetés dans des latrines.
– Le Mwami de Lwindi, François Mubeza, a été assassiné avec son épouse enceinte de jumeaux, qui a été éventrée.
Selon le rapport Mapping des Nations Unies, ces violences ont également ciblé des figures religieuses, dont le père Stanislas Wabulakombe, vicaire de la paroisse, trois religieuses de la Congrégation des Filles de la Résurrection, un séminariste et plusieurs paroissiens.
L’impunité des auteurs : un obstacle majeur à la paix
Dénis Mukwege a dénoncé le fait que les responsables de ces massacres circulent encore librement et certains sont même à la tête de territoires qu’ils ont auparavant endeuillés.
« Malheureusement, les instigateurs de ces violences circulent aujourd’hui librement et en toute impunité. Certains sont même encouragés à administrer les territoires qu’ils ont endeuillés par le passé, ce qui leur permet de perpétrer de nouveaux forfaits sans crainte de représailles », a-t-il déploré.
Cette situation favorise la répétition de violences et empêche l’instauration d’une paix durable.
« Il est temps de reconnaître qu’une paix véritable et durable est impossible sans justice, et sans la participation active des victimes, du passé et du présent, aux processus de paix qui les concernent », a insisté le prix Nobel de la paix.
Résilience du peuple congolais face aux tentatives de division
Malgré les tentatives de certains acteurs politiques de la région des Grands Lacs pour provoquer un génocide interethnique, le peuple congolais a fait preuve d’une résilience remarquable.
Dénis Mukwege a souligné la capacité des Congolais à refuser l’entredéchirement et à aspirer à une coexistence pacifique et un développement harmonieux.
« Le monde ne peut plus se permettre de regarder notre souffrance avec une indifférence qui frise l’inhumanité. La République démocratique du Congo a besoin, elle aussi, de son Nuremberg », a-t-il fait appel à la communauté internationale
Pour Dénis Mukwege, sans justice, il ne peut y avoir de paix durable. Les victimes de Mwenga, Kilungutwe, Kalama et Kasika méritent que leur souffrance soit reconnue et que les coupables répondent de leurs crimes devant la loi.
Le 27ᵉ anniversaire de ce massacre rappelle tragiquement que l’impunité continue de freiner la réconciliation et le progrès en RDC.
Lydia Mangala


