Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu en audience, ce jeudi 25 juillet 2025 à la Cité de l’Union Africaine, l’illustre chanteur Sam Mangwana, de passage dans la capitale congolaise.
Une rencontre empreinte de gratitude, d’admiration et de reconnaissance mutuelle entre un chef d’État mélomane et une icône de la musique congolaise.
Un geste de reconnaissance présidentielle qui a profondément marqué l’artiste

Le célèbre auteur de « Fatimata » a exprimé, dès ses premiers mots, son émotion face à la distinction reçue quelques mois plus tôt, lorsqu’il avait été décoré de la médaille d’or du Mérite en Arts, Sciences et Lettres, la plus haute distinction honorifique que la RDC puisse accorder à un artiste.
Cette médaille, qui lui avait été remise lors d’une cérémonie officielle à l’Ambassade de la RDC en Angola, avait été accompagnée d’un véhicule 4×4 offert personnellement par le Président Tshisekedi, en témoignage de respect et de reconnaissance pour toute son œuvre.
Sam Mangwana a tenu à venir remercier le Chef de l’État en personne pour cette marque d’estime qu’il considère comme un tournant symbolique dans sa carrière.
Ce geste, au-delà de la récompense matérielle, représentait pour lui un message puissant : celui d’un pays qui n’oublie pas ses bâtisseurs culturels.
Une conversation nourrie de souvenirs et de passion musicale

Au cours de leur entretien, le Président Tshisekedi, passionné de musique congolaise, a surpris l’artiste en évoquant des détails précis de son répertoire, notamment la chanson « Waka Waka », enregistrée à Paris, que même Sam Mangwana reconnaît avoir presque oubliée.
Touché par cet intérêt, le chanteur a annoncé sa décision de réenregistrer ce titre mythique, en hommage au Président et à tous les amoureux de la rumba.
Ce moment d’échange a révélé une belle complicité entre l’homme d’État et l’artiste, tous deux animés par la volonté de valoriser la culture congolaise et de la transmettre aux nouvelles générations.
Sam Mangwana, ambassadeur infatigable de la rumba congolaise
Véritable légende vivante, Sam Mangwana a rappelé le parcours exceptionnel qui l’a mené de ses débuts à Kinshasa dans les années 1960 jusqu’à sa reconnaissance sur la scène internationale.
Formé auprès de deux géants de la musique congolaise, Tabu Ley Rochereau et Franco Luambo Makiadi, il a su, au fil des décennies, porter la rumba congolaise au-delà des frontières, en chantant dans diverses langues africaines et en adaptant son style aux réalités des pays qu’il a traversés.
Aujourd’hui, à 80 ans, l’artiste ressent l’appel de son continent natal. Après une longue période à l’étranger, il revient en Afrique, avec le désir de partager à nouveau la rumba originelle avec les peuples du Congo-Brazzaville, d’Angola, du Gabon et du Cameroun.
Selon lui, cette musique, dans sa forme authentique, se fait rare à cause du vieillissement de ses principaux acteurs, mais reste intemporelle dans son essence.
Un symbole vivant entre deux rives : Angola et RDC unies par la musique
Né à Kinshasa, autres Léopoldville, le 21 février 1945, d’origine angolaise, Sam Mangwana incarne le pont culturel entre l’Angola et la République Démocratique du Congo. Sa carrière débutée en 1963 l’a hissé au rang des plus grands noms de la musique congolaise.
Son répertoire, marqué par des titres intemporels comme Fatimata, No me digas no, Faute ya commerçant ou encore Mabele (Ntoto), continue d’enchanter des générations de mélomanes à travers l’Afrique et le monde.
Cette reconnaissance officielle est un symbole fort d’attachement à l’histoire musicale du pays et à ceux qui l’ont portée avec brio au-delà des frontières. À travers cet hommage, la RDC célèbre un monument vivant de sa culture et renforce son engagement à valoriser le patrimoine artistique national.
Lydia Mangala


