Je m’adresse à vous aujourd’hui en ma qualité d’avocat, et plus spécifiquement en tant que conseil de Madame Glody NDAYA, une journaliste courageuse et engagée qui est actuellement en détention préventive.
Ma cliente est poursuivie pour diffamation et imputation dommageable, des infractions prévues et réprimées par le Code pénal de la République Démocratique du Congo. C’est une situation qui, au-delà de la procédure individuelle, soulève des questions fondamentales sur la liberté de la presse et le respect des droits de la défense dans notre pays.
Je tiens à le rappeler avec force : en droit congolais comme dans toute démocratie digne de ce nom, la liberté est le principe et la détention l’exception. La détention préventive n’est pas une punition anticipée. Elle est une mesure de dernier recours, qui ne devrait être ordonnée que si elle est absolument nécessaire pour la manifestation de la vérité, pour empêcher la fuite du prévenu, ou pour maintenir l’ordre public.
Je le dis avec conviction : la détention de ma cliente est une violation flagrante des principes de justice. Elle entrave son travail, porte atteinte à sa dignité et envoie un signal très inquiétant à l’ensemble de la profession journalistique. Elle est aussi, à l’heure où notre démocratie se construit, un recul pour notre pays tout entier.
C’est pourquoi nous continuerons de nous battre pour sa libération immédiate. Nous demandons à la justice congolaise, et en particulier aux magistrats en charge de ce dossier, de faire preuve d’indépendance, de courage et de sagesse. Nous demandons qu’ils appliquent le droit, rien que le droit, en respectant les principes fondamentaux qui protègent la liberté d’expression.
Maître MUABILA GLODY


