Réunis dans l’enceinte de l’Assemblée provinciale du Kasaï ce samedi 3 mai 2025, les professionnels des médias ont célébré la Journée mondiale de la liberté de la presse dans une atmosphère lourde d’inquiétude.
Face aux menaces, intimidations et entraves qu’ils subissent depuis un an, ils ont choisi de faire entendre leur voix pour alerter les autorités provinciales et nationales.
Une célébration empreinte de gravité
Plutôt que de festoyer, les journalistes ont préféré dresser un constat alarmant.
Accueillis par les bancs du Palais du Peuple local, ils ont d’abord écouté le discours de Mac Laurin Tshimanga Mbuyi, Président sectionnaire de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC).
Celui‑ci a peint un tableau sombre des pratiques auxquelles sont confrontés les reporters du Kasaï depuis le 3 mai 2024 : convocations devant les Officiers de police judiciaire, restrictions d’accès aux sources et menaces répétées.
« Des interpellations, des menaces et des intimidations ont constitué, de mai 2024 à mai 2025, le vécu quotidien des journalistes du Kasaï. »
Entre gouvernorat et services de sécurité, des barrières qui s’érigent
Mac Laurin Tshimanga a particulièrement dénoncé la montée en puissance des restrictions imposées par l’administration provinciale et les services de sécurité :
« Du gouvernorat aux ministères provinciaux, en passant par les brigades et commissariats, le journaliste devient un visiteur gênant et indésirable ».
Selon lui, l’accès aux informations officielles se complique chaque mois, dans un contexte où l’intelligence artificielle et la complexité croissante des flux d’information menacent déjà la liberté de la presse.
Informer à l’ère de l’intelligence artificielle
La célébration de cette année était placée sous le thème « Informer dans un monde complexe : L’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias. »
Les échanges ont mis en lumière les défis techniques : vérification des données, protection des sources et montée des deepfakes.
Les journalistes du Kasaï craignent que ces outils, s’ils ne sont pas accompagnés de garde‑fous éthiques, ne viennent renforcer les stratégies de contrôle de l’information.
Solidarité et sport pour clore la journée
Après les débats, l’Assemblée provinciale a offert un moment de détente : un match de football opposant les médias aux représentants institutionnels.
Dans un esprit de fair‑play, la rencontre s’est achevée sur un score de 1‑1, symbole d’équilibre fragile entre la presse et le pouvoir politique.
En portant haut la bannière de la liberté de la presse, les journalistes du Kasaï lancent un appel solennel : que cesse l’intimidation, que s’ouvrent véritablement les sources d’information et que les autorités garantissent aux reporters les conditions indispensables à leur mission.
Lydia Mangala


