L’élection de Miss Universe République Démocratique du Congo 2025, qui avait consacré en grande pompe Déborah Djema, connaît désormais une tournure polémique.
Alors qu’elle avait été proclamée lauréate lors d’un concours officiel validé par un huissier de justice, la jeune femme affirme avoir appris sa destitution par le biais d’un communiqué publié par le comité d’organisation. Une décision qu’elle juge illégitime et infondée.
Une destitution annoncée par communiqué officiel

Dans un communiqué rendu public, l’Organisation Miss Universe RDCongo a déclaré avec effet immédiat la destitution de Déborah Djema de son titre.
Le document précise que la jeune femme n’est plus autorisée à détenir ou revendiquer un statut, des droits ou une affiliation liés audit titre.
L’organisation justifie sa décision par le refus de la Miss de signer le contrat exigé par la franchise internationale :
« Malheureusement, Miss Universe RDC se conforme aux règles de Miss Universe Organisation. Le contrat ne peut pas se faire sur mesure du désir de la Miss », peut-on lire dans le communiqué.
Le comité qualifie ce comportement d’inacceptable et affirme exercer son droit de révoquer le titre sans préavis.
Il exige également de l’ex-lauréate qu’elle supprime dans un délai de 48 heures toutes les références à son couronnement sur ses réseaux sociaux, sous peine de poursuites judiciaires.
La riposte de Déborah Djema

Face à cette décision, Déborah Djema n’a pas tardé à réagir par le biais d’une déclaration officielle.
Elle dit avoir appris sa prétendue destitution par un communiqué et considère cette décision comme profondément regrettable.
« Il est inadmissible qu’on me prive de ce statut simplement parce que j’ai exercé mon droit à négocier les termes d’un contrat. Ce titre est le fruit du choix du public et d’une procédure officielle », a-t-elle affirmé avec fermeté.
Selon ses propos, nul ne peut lui retirer ce titre si ce n’est une décision judiciaire ou, à la limite, le peuple qui l’a élue.
Elle rappelle avoir remporté la compétition avec mérite et estime que l’argument avancé pour sa destitution est fallacieux et dénué de tout fondement juridique et moral.
Le contrat au cœur de la controverse
Le différend repose sur un contrat que Déborah Djema qualifie de contrat de surexploitation.
Selon elle, le document comporterait des clauses jugées abusives, impliquant une exploitation estimée à 70 à 80 %, sans considération pour ses droits fondamentaux.
Dans sa déclaration, elle a annoncé son intention de rendre public le contenu du contrat dans les 48 heures :
« Mon avocat, Maître Richard Mpinda, assurera une couverture médiatique afin d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale sur le contenu de ce document », a-t-elle indiqué.
Son conseil juridique se prépare à dévoiler les clauses contestées, afin de mettre en lumière les pratiques contractuelles de l’organisation.
Un conflit qui interpelle
Cette controverse révèle les tensions récurrentes entre les comités d’organisation de concours de beauté et les reines élues, souvent liées aux conditions contractuelles jugées restrictives ou abusives.
En contestant sa destitution, Déborah Djema pose la question de la transparence, du respect des droits des lauréates et du poids réel du public dans ces compétitions.
Si le comité Miss Universe RDC maintient sa position, la bataille s’annonce aussi bien médiatique que juridique.
La publication annoncée du contrat dans les prochains jours pourrait jeter une lumière crue sur les conditions d’engagement imposées aux candidates et nourrir davantage le débat.
Lydia Mangala


