Le coordonnateur provincial du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) au Kasaï-Oriental, Ghislain Banza Kamwela, a appelé les professionnels des médias de Mwene-Ditu, dans la province de Lomami, à formaliser leur collaboration avec leurs maisons de presse à travers la signature de contrats de travail.
Cet appel a été lancé lors d’une séance de briefing organisée le 8 août dernier, en présence de journalistes de la ville et de promoteurs de radios locales.
Un plaidoyer pour la protection de la profession
« Vous êtes employés dans une radio. Est-ce que vous êtes payés ? Avez-vous signé un contrat ? », a questionné Banza Kamwela, dénonçant le travail précaire de nombreux journalistes sans statut formel. Selon lui, la signature d’un contrat protège les droits des journalistes, tout en instaurant une relation professionnelle claire avec les employeurs.
Le coordonnateur provincial a également pointé du doigt certaines pratiques qui nuisent à l’image du métier, notamment le phénomène des journalistes mendiants et les cas d’exploitation par certains promoteurs qui traiteraient les journalistes comme des chiens de chasse.
La réalité économique des radios locales
Face à cet appel, certains promoteurs de radios locales reconnaissent les difficultés structurelles à respecter ce principe, invoquant la faiblesse des revenus générés.
Un promoteur, sous couvert d’anonymat, a expliqué avoir mis en place un système de rémunération au pourcentage :
« Un journaliste qui ne produit pas et attend que la radio le paie à la fin du mois… avec quelle entrée ? Si un journaliste apporte un reportage ou un marché payant, il prend son pourcentage et verse une part à la radio. Cela le motive à être actif », a-t-il fat fait.
Un équilibre à trouver
Le plaidoyer du CSAC met en lumière le fait de concilier le respect des droits professionnels des journalistes et la viabilité économique des médias locaux.
Alors que la formalisation contractuelle reste un gage de protection et de dignité, la réalité financière de certaines radios communautaires appelle à des solutions adaptées et durables.
Lydia Mangala


