Pour la première fois depuis plusieurs années, les ministres des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Thérèse Kayikwanba Wagner et Olivier Nduhungirehe, se sont retrouvés côte à côte à Washington, à l’invitation du Sénateur Marco Rubio.
Ensemble, ils ont signé une Déclaration de Principes pour la paix, la stabilité et le développement dans l’est de la RDC, avec pour objectif de “créer un avant-projet d’accord de paix” d’ici le 2 mai 2025.
Principaux engagements de la Déclaration de Principes
Les deux ministres ont pris des engagements au cours de cette signature entre autres :
– Le dialogue prioritaire : Kinshasa et Kigali conviennent de privilégier la voie diplomatique plutôt que la force armée pour résoudre leurs différends, en instaurant un mécanisme de coordination sécuritaire commun.
– L’intégrité territoriale : reconnaissance mutuelle des frontières et du cadre juridique international, conformément à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU.
– La lutte contre les groupes armés : engagement à limiter la prolifération des entités non étatiques actives dans la région et à faciliter le retour volontaire des réfugiés et déplacés internes.
– Le rôle de la Monusco : maintien et renforcement du mandat onusien comme outil de stabilisation.
Réactions officielles : espoirs mesurés et conditions claires

Dans son allocution d’ouverture, la Ministre Thérèse Wagner a souligné que :
« Ce moment revêt une importance particulière pour la République démocratique du Congo. À Goma, à Bukavu et au-delà, la réalité des déplacés, de l’insécurité et des difficultés persiste. Pour nous, l’urgence et la pertinence de cette initiative ne sont pas théoriques. Elles sont Humaines. »
Elle a cependant insisté :
« La paix et le développement ne peuvent pas reposer uniquement sur de bonnes intentions. Ils doivent être construits sur la responsabilité, des engagements clairs, des délais mesurables et des conséquences en cas de non-respect. »
De son côté, le Ministre rwandais Olivier Nduhungirehe a applaudi l’initiative :
« Notre but, c’est une région sûre, libre de l’extrémisme ethnique violent, et qui soit bien gouvernée. Mais il n’y a pas de raccourcis ou de solutions rapides. Et nous devons travailler dur pour le faire une bonne fois pour toute. »
La voie à suivre : redevabilité et séquence des actions
La Déclaration instaure un cadre de redevabilité strict : chaque étape du processus doit être assortie de délais précis et de conséquences en cas de non-respect.
Comme l’a rappelé Thérèse Wagner :
« La paix doit être gagnée, et cela nécessitera sérieux, transparence et sincérité. »
Elle a conclu son discours sur une note d’espoir :
« Il y a de l’espoir pour la paix. Mais la vie nouvelle est que la paix doit être gagnée… Car la paix n’est pas une faiblesse, c’est une force. »
Perspectives régionales et appel à la communauté internationale
Au-delà de la signature, plusieurs réunions bilatérales et régionales sont d’ores et déjà prévues à Washington et dans le cadre des processus de Nairobi et de Luanda soutenus par l’Union africaine.
Les États-Unis, qui soutiennent parallèlement le dialogue de Doha, envisagent d’accompagner ces discussions par des initiatives économiques, notamment des accords miniers et des chaînes de valeur sécurisées, afin d’ancrer la paix dans un développement durable.
Le défi reste colossal : depuis deux mois, les groupes armés, notamment l’AFC/M23, contrôlent des pans entiers de l’est congolais, y compris Goma et Bukavu.
La population locale suit ces négociations avec inquiétude, espoir et vigilance, attendant des actes concrets plus que de simples déclarations.
La RDC, forte du leadership de son Chef de l’État et de la détermination de ses diplomates, souhaite désormais transformer ces principes en résultat tangible, pour réconcilier ses communautés et garantir un avenir de stabilité pour l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Lydia Mangala


