La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka et le président de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Robert Malumba, se sont retrouvés, ce mercredi 30 avril 2025, pour dresser un état des lieux de la situation des opérateurs économiques, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Contexte sécuritaire et impact sur le secteur privé
La FEC a sévèrement dénoncé les actes de destructions, pillages et spoliations dont ont été victimes ses membres lors de l’entrée des rebelles de la coalition AFC/M23 dans plusieurs entités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ces exactions ont entraîné la fermeture de points d’exploitation, la suspension des approvisionnements et l’impossibilité pour les travailleurs et les clients de circuler librement, mettant en péril la viabilité d’un grand nombre d’entreprises.
Une récente enquête révèle que 65 % des entreprises de la RDC sont touchées directement par les effets de la crise sécuritaire, et 21 % de manière indirecte, illustrant l’ampleur des perturbations économiques et sociales engendrées.
Revendications du patronat congolais

Face à l’aggravation de la situation, la FEC a demandé des mesures fiscales adaptées pour alléger le poids des charges fixes (impôts, taxes et cotisations) qui pèsent fortement sur les trésoreries des entreprises, en particulier celles implantées dans les zones de conflit.
Le patronat a souligné que l’absence de prise en compte de ces charges dans un contexte de crise sécuritaire empêche toute reprise d’activité durable et freine la création d’emplois.
Par ailleurs, depuis sa nomination, la FEC attend de la Première Ministre la mise en place de solutions concrètes pour rétablir la confiance entre le secteur privé et l’État, notamment sur la rationalisation des taxes provinciales et la réforme du système d’avis à tiers détenteurs.
Mesures gouvernementales antérieures
Dès décembre 2024, la Cheffe du Gouvernement avait déjà accordé un moratoire sur l’ensemble des contrôles fiscaux, recettes non fiscales et économiques, du 16 décembre 2024 au 30 janvier 2025, afin de permettre aux entreprises de clôturer leurs états financiers dans un climat apaisé.
Plus récemment, lors d’une séance de travail entre le Ministre de l’Emploi et Travail et une délégation de la FEC, il a été convenu d’établir une feuille de route pour l’adoption de décrets d’allègement fiscal et parafiscal dans un délai d’une à deux semaines, illustrant la volonté du Gouvernement de répondre rapidement aux sollicitations du patronat.
Dialogue social et partenariats stratégiques

Dans le cadre du Plan de Travail 2025 validé par le PNUD, le Gouvernement congolais et la FEC collaborent pour renforcer les capacités institutionnelles et améliorer la gouvernance économique, favorisant ainsi un dialogue constructif entre parties prenantes.
Sur le plan social, la signature du partenariat entre le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles (FONAREV) et le Système des Nations Unies traduit l’engagement du Gouvernement à articuler assistance humanitaire et relance économique, en plaçant la résilience des communautés au cœur de sa stratégie de sortie de crise.
Perspectives d’avenir
Pour mobiliser davantage le secteur privé, le Gouvernement a mis en place une unité dédiée aux partenariats public-privé (PPP), visant à faciliter la coordination et la mise en œuvre de projets d’infrastructures et de services essentiels.
Au-delà de ces initiatives, la Cheffe du Gouvernement a réaffirmé sa volonté de multiplier les forums provinciaux et sectoriels, afin d’ajuster en continu les politiques publiques et de garantir un soutien pérenne aux entreprises, même dans les zones affectées par l’insécurité.
Lydia Mangala


