Dans l’enceinte de la Cour Royale « Kanyuka », à Kananga, un dialogue peu ordinaire s’est tenu le mardi 21 avril 2026. Au cœur du Kasaï-Central, là où les traditions façonnent encore profondément les dynamiques sociales, la Ministre nationale du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a choisi de placer les gardiens de la coutume au centre de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
Loin des discours institutionnels classiques, la rencontre s’est voulue à la fois stratégique et profondément symbolique. Face aux chefs coutumiers, figures d’autorité morale et culturelle, la ministre a ouvert un espace d’échange franc sur le rôle déterminant qu’ils peuvent jouer dans la transformation des normes socioculturelles.
Autour d’elle, une délégation de haut niveau composée du Représentant adjoint du PNUD, du Représentant résident de l’UNFPA ainsi que des délégués de l’agence coréenne KOICA, témoignant de l’importance accordée par les partenaires internationaux à cette démarche inclusive.
Conscients de leur influence sur les comportements et les mentalités, les chefs coutumiers ont pris l’engagement de s’impliquer activement dans la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants, mais aussi d’abandonner les pratiques coutumières jugées contraires à la dignité humaine.

Pour la Ministre Micheline Ombae, cet engagement constitue un levier essentiel pour opérer un changement durable.
« Sous l’impulsion de la vision de S.E.M. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Chef de l’État et Champion de la Masculinité Positive, et portée par la coordination stratégique de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, j’ai franchi ce 21 avril à Kananga une étape historique dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) », a-t-elle déclaré.

Avant d’introduire la portée de cette initiative, elle a tenu à rappeler que la transformation sociale ne peut se faire sans l’adhésion des structures traditionnelles.
« En ma qualité de Ministre du Genre, Famille et Enfant, j’ai réuni les gardiens de nos traditions pour un dialogue de haute portée. De cet échange fécond, soutenu par le PNUD, l’UNFPA et la KOICA, est né un engagement sans précédent : les chefs coutumiers s’engagent désormais à abolir les pratiques rétrogrades qui portent atteinte à la dignité de la femme », a-t-elle ajouté.
Au-delà des mots, la cérémonie a également été marquée par un geste concret et chargé de sens. La Ministre a procédé à une remise symbolique d’étoffes d’habits destinées aux cheffes coutumières ainsi qu’aux épouses des chefs traditionnels, une reconnaissance du rôle discret mais fondamental que jouent ces femmes dans la cohésion sociale, la transmission des valeurs et l’évolution des mentalités.
Ce moment de proximité a été salué par l’assistance comme une approche qui ne se limite pas aux engagements institutionnels, mais qui valorise également les actrices locales du changement.
Le Gouvernement congolais renforce ainsi sa stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, en misant sur une alliance essentielle entre l’État, les partenaires internationaux et les autorités traditionnelles.
Dans une société où les normes culturelles influencent profondément les comportements, cette démarche a pour objectif de transformer les mentalités de l’intérieur, en s’appuyant sur ceux qui, au quotidien, façonnent les repères sociaux des communautés.
Lydia Mangala


