Zolanews.net vous propose aujourd’hui une interview exclusive avec un jeune acteur congolais à l’engagement remarquable. Joyce Masiala Kandolo, conseiller en image de marque, formateur, écrivain et entrepreneur, incarne une nouvelle génération de leaders engagés dans le développement de la jeunesse congolaise.
Né à Kinshasa, il s’est illustré à travers divers projets communautaires, notamment avec l’UNICEF, et par ses collaborations dans le secteur de la communication, de l’entrepreneuriat et de l’éducation.
Fondateur de Vijana Progress et de l’agence Akili Crea, il est aussi l’auteur de deux ouvrages sur le personal branding, dont l’un publié chez Bréal-Studyrama.
En 2023, il est lauréat du Prix Cicero du meilleur orateur et figure parmi les 100 jeunes influents de la RDC en 2024.

Son parcours témoigne d’une volonté constante de bâtir, d’inspirer et de faire rayonner l’excellence congolaise, tant au niveau national qu’international.
- Zolanews : Qui est Joyce Masiala en quelques mots ?
Joyce Masiala : Je suis Joyce Masiala, conseiller en image, formateur et auteur spécialisé en personal branding. Concrètement, j’accompagne les personnalités dans la définition et la communication judicieuse de leur image de marque afin de se démarquer de la concurrence et créer un sentiment d’appartenance chez leur audience.
Je suis également engagé dans l’accompagnement de la jeunesse à travers l’entrepreneuriat, l’employabilité et le renforcement des capacités, notamment via la structure.
Vijana Progress et les organisations partenaires qui me sollicitent comme coach en entrepreneuriat et formatrice aux métiers du numérique.
À ce jour, j’ai publié deux ouvrages sur le personal branding : le premier en 2022 et le second en février 2025, aux éditions Germa (sous la direction de Frédéric Fougerat), dans lesquels je partage mes stratégies pour se distinguer par son image de marque.
- Zolanews : Qu’est-ce qui vous a inspiré à vous engager dans le personal branding et la
communication d’image ?
Joyce Masiala : Que tout part déjà d’une passion, une passion qui a été suscitée lors d’une formation que j’ai suivie dans un programme avec l’UNSS. On nous a parlé de cette thématique, et vous savez, je l’ai abordée autrement : j’ai voulu creuser davantage pour en savoir plus sur ce dont il s’agissait, et le personal branding, qu’on appelle en français « image de marque personnelle ». Nous sommes tous des marques, mais en tant que marques personnelles, nous devons également nous mettre en avant. Nous devons communiquer ce que nous avons de meilleur au monde afin de nous démarquer de la concurrence, et c’est ce qui fait en sorte que nous puissions créer ces sentiments d’appartenance, nous fidéliser et nous positionner comme experts.
J’ai vraiment compris qu’il y a de la valeur dans cette approche, puisque aujourd’hui nous sommes dans un monde où la compétence ne suffit pas, nos diplômes ne suffisent pas : il faut se faire valoir, mais se faire valoir de la bonne manière, de la même façon qu’un produit commercial doit se mettre en avant pour concurrencer. Nous aussi, en tant que marque personnelle, nous devons nous mettre en avant, et ce constat a vraiment été un déclic : je me suis dit pourquoi ne pas partager cette connaissance avec d’autres personnes ? Étant donné que je suis passionnée par la transmission des connaissances et le renforcement des capacités, j’ai commencé par des formations, j’ai approfondi avec un premier livre, un e-book, et aujourd’hui nous en sommes à deux livres. J’ai animé une cinquantaine de formation ; que ce soit ici à Kinshasa, en province ou à l’étranger.
Donc, c’est une passion qui a été suscitée à travers une formation.

- Zolanews : Y a-t-il eu un élément déclencheur dans votre parcours qui vous a confirmé que vous étiez sur la bonne voie ?
Joyce Masiala : Vous savez, généralement, quand on fait le premier pas dans notre carrière, c’est vrai qu’il y en a qui ont déjà tout tracé : un plan de carrière et tout, mais ça n’a pas été le cas pour moi. Je me suis lancé et j’ai appris tout au long du chemin, tout au long du parcours. C’était vrai qu’il y avait des informations, il y avait des points où je me disais : « Tiens, moi, je vais réussir, je vais être là », mais, au bout d’un moment, les choses ont changé et, gloire à Dieu, elles ont changé pour mon bénéfice, elles ont changé pour mon avantage.
Déjà, je n’avais jamais rêvé de m’intéresser au domaine de la communication. Quand j’ai obtenu mon bac, c’était plutôt pour le droit ; je me voyais plus avocat, etc., mais les choses ont changé quand les gens ont compris que je n’étais pas mal dans le domaine de la communication. Ils m’ont dit : « Mais si tu fais de la communication, pourquoi tu n’en fais pas ? » Je ne me suis pas forcément laissé influencer par ce que les autres pensaient de moi, mais cela a attisé ma curiosité et, de manière inattendue, j’ai découvert cette notion de personal branding, qui constitue en quelque sorte l’entrée dans le domaine de la communication.
C’est également la même chose pour d’autres horizons, pour certaines professions qui me faisaient rêver : par exemple, les relations internationales. Je ne rêvais pas de ça au départ, j’ai compris les enjeux, j’ai appris, et une passion s’est créée pour ces différents domaines. Aujourd’hui, j’estime que je suis encore dans une phase d’apprentissage ; peut-être que dans deux ans je développerai une compétence qui n’était pas la mienne, et j’essaierai peut-être de naviguer dans un monde professionnel différent de celui dans lequel je suis actuellement.
Voilà pourquoi je me dis toujours : il faut faire le premier pas, et le reste, dans le processus, vient step by step.
- Zolanews : Vous avez publié deux ouvrages sur le personal branding. Qu’est-ce qui distingue ces deux livres et quel message central souhaitez-vous transmettre ?
Joyce Masiala : En fait, ce sont tous les deux des livres sur le personal branding, mais ils présentent toutefois une certaine variété. Le premier est un iBook, uniquement en version électronique, publié en 2022, auto-édité, dans lequel je partage des informations basiques sur le personal branding : c’est un peu comme un manuel de définitions et de conseils très élémentaires. Avec le second, je suis allé plus loin : après avoir publié le premier pour attiser la curiosité d’un public peu familier avec ce domaine, j’ai mesuré la réaction des lecteurs ,plus de 4 000 personnes l’ont téléchargé, et j’ai reçu des retours très positifs qui m’ont motivée à proposer une version améliorée, éditée par une maison d’édition, où je partage des connaissances plus approfondies. Le premier livre comportait environ 93 pages, tandis que le second atteint 201 pages : vous comprendrez qu’il y a davantage de contenu, plus d’exercices pratiques et une richesse d’expériences accumulées en trois ans, donc entre 2022 et 2025. J’y ai intégré de nouvelles notions qui ont émergé dans le monde de la communication et du personal branding, ainsi qu’une dimension plus personnelle. L’objectif était double : le premier livre pour susciter l’intérêt ; le second, pour captiver et approfondir le sujet. Et je travaille déjà au troisième, qui ne portera plus uniquement sur le personal branding, mais sur une autre thématique liée au branding, que vous connaissez bien.
- Zolanews : Vous avez collaboré avec des institutions prestigieuses et accompagné des personnalités politiques. Quelle a été votre plus grande leçon dans ce milieu ?
Joyce Masiala : Vous savez, collaborer avec de grandes personnalités pour certains, c’est une simple école de formation : c’est bien d’apprendre dans un centre ou à l’université, mais passer au monde pratique, surtout dans une sphère où la pression est constante et le stress permanent, ça nous pousse à grandir plus vite. Cela nous oblige à adopter des méthodes beaucoup plus pragmatiques, car ce que l’on apprend en théorie à l’école ou en formation est très différent du terrain. Travailler dans ce type d’environnement m’a énormément boostée, tant sur le plan de mes compétences personnelles que professionnelles.
J’y ai appris la gestion de la pression, l’adaptabilité, la flexibilité et l’ouverture à la diversité, car tout le monde ne partage pas mon point de vue, en particulier sur des sujets mal compris ou mal interprétés par plusieurs personnes. C’est tout un travail d’expliquer aux clients les avantages de l’image de marque et de développer mon empathie, en me mettant à la place de l’autre pour lui faire comprendre comment procéder dans la stratégie et le processus que je propose.
J’ai aussi développé de solides compétences en psychologie : j’observe et j’anticipe les réactions des personnes, je sais comment elles réagissent dans différents contextes. C’est véritablement l’école de la vie, comme je l’ai dit : toutes ces expériences représentent, j’estime, peut-être à peine 5 % de tout ce que je dois accomplir dans ma vie.

- Zolanews : En tant que conseiller en image de marque, comment alliez-vous stratégie, authenticité et visibilité ?
Joyce Masiala : Alors déjà, pour faire une bonne intersection entre ces trois éléments, qui sont très importants dans le branding, et plus spécifiquement dans le personal branding, il faut d’abord la cohérence. La cohérence nous permet d’aligner une stratégie efficace. Dans cette stratégie, je conseille toujours l’authenticité : il ne faut pas faire la promotion d’un produit inexistant ou vide, puisque cela va discréditer notre image.
Ensuite, la visibilité est essentielle, mais je dirais toujours « l’impact avant la visibilité » : on peut avoir un impact avec seulement cinq personnes dans sa communauté, alors qu’on peut avoir 100 000 abonnés sans jamais toucher qui que ce soit. Moi, en tant que conseillère en image, je recommande de privilégier l’impact avant la visibilité. C’est très important pour bâtir une stratégie de marque personnelle pérenne et durable dans le temps, car construire son image de marque personnelle doit également être une quête de pérennité : un moment de notoriété ne suffit pas.
Il faut briller le plus longtemps possible et inspirer cette génération comme celles à venir ; cela doit presque devenir notre slogan de vie. Cela nous permet aussi d’éviter de tomber dans le « cul de la personnalité », ces petits travers qui discréditent notre image de marque personnelle.
- Zolanews : Votre parcours est marqué par un fort engagement auprès des jeunes. Pourquoi cela vous tient-il autant à cœur ?
Joyce Masiala : Cet engagement me tient tellement à cœur puisque je me dis nous sommes dans une société où nous devons laisser une empreinte positive. Nous devons marquer notre génération déjà mon idéal de vivre. Je dirai que mon slogan c’est impacté cette génération et c’est ma génération à moi. Elle est jeune, je ne dois pas attendre devenir vieux pour travailler pour le jeune, non je travaille pour les jeunes tant que je suis encore jeune en import c’est que je peux. C’est vrai qu’actuellement je n’ai peut-être pas le moyen la possibilité d’apporter à la jeunesse de loi des mécanismes autres, puisque nous n’avons pas encore accès à ce type de poste par exemple, mais avec le peu en terme de connaissance, je peux partager un jeune qui manque un jeune qui manque, je peux partager à des jeunes qui en manque ses connaissances que moi j’ai acquise pendant des formations, je me dis également pour cette jeunesse, on doit essayer de mettre en place des initiatives pour la promouvoir puisque la jeunesse congolaise elle est forte. Elle est dynamique, nous sommes dans un pays, je dirais le pays de jeunes 100 millions d’habitants, 70 % constituer des jeunes entre 15 et 24 ans. On voit comment est-ce que le potentiel est grand et c’est potentiel ne doit pas être comme un défi ça doit être une opportunité pour mobiliser ces jeunes qui ce soit même dans le patriotisme qui soit dans l’éducation financière, afin que nous puissions prendre les choses en main et contribuer au développement économique les développement social pourquoi pas atteindre la politique à travers nos actions d’où l’importance d’où la motivation de ce que je fais des mon attachement avec les initiatives des jeunes, je suis jeune, je travaille également pour les jeunes.
- Zolanews : Pouvez-vous nous parler de Vijana Progress ? Quelles sont ses principales
réalisations jusqu’ici ?
Joyce Masiala : Vijana Progress est une organisation consacrée au progrès des jeunes Congolais par l’entrepreneuriat et l’employabilité. Elle a été mise en place en 2023 et, à ce jour, nous avons organisé deux éditions de notre programme PMCE ( Programme de Mentirat et Coaching en Entrepreneuriat ). Dans ce cadre, nous formons des jeunes qui partent de zéro : nous les aidons à transformer leurs idées en projets, puis leurs projets en entreprises. C’est toute une phase que nous accompagnons pas à pas, car avoir une idée ne suffit pas : il faut savoir la structurer, l’élaborer en projet et la faire grandir jusqu’à la création d’entreprise. Nous nous imposons comme l’ami des jeunes pour les guider dans cette transition.
Nous proposons également un programme transitionnel, plus axé sur le passage au Bachelor. Les nouveaux diplômés d’État, qui découvrent un univers académique complexe et très différent, bénéficient d’un accompagnement au-delà de l’orientation classique. Nous renforçons leurs capacités autour de deux piliers : l’entrepreneuriat, via les connaissances de base en gestion de projet entrepreneurial, et l’employabilité, via les techniques de rédaction de CV professionnel, de préparation à l’entretien, ainsi que des notions de développement personnel. Ces jeunes, qui entrent à l’université, ont besoin non seulement d’être orientés, mais aussi d’acquérir des « soft skills » essentiels pour réussir leur parcours universitaire et professionnel.
Enfin, nous avons mis en place des collaborations avec des acteurs tels que YouthPower et Éventrdc pour mettre en avant les jeunes entrepreneurs. Et nous sommes convaincus que, dans les prochains mois, vous découvrirez davantage de programmes lancés progressivement, mais sûrement.

- Zolanews : Que représente pour vous le leadership dans un contexte congolais, particulièrement chez les jeunes ?
Joyce Masiala : J’aimerai partager cette citation que j’affectionne chez un coach que j’apprécie beaucoup, le coach Eugène Kandolo, qui dit : « Faute de repères, soyons des repères. » Vous savez, nous sommes dans un pays de 100 millions d’habitants, dont 70 % sont des jeunes, et ces derniers font face à de nombreux défis : le chômage, le manque de renforcement des capacités, les stéréotypes et les postures obsolètes qui persistent dans notre société. Ces jeunes ont besoin de leaders qui, premièrement, leur disent que tout est possible ; ils ont besoin de leaders qui montrent la voie et créent un modèle à suivre, et non des leaders qui imposent leurs idéaux.
Nous avons besoin de leaders capables de dire « oui, c’est possible », tout en incarnant la meilleure version d’eux-mêmes. Nous ne voulons pas de leaders qui fonctionnent comme des photocopieuses, poussant les jeunes à reproduire un modèle qui n’est pas le leur. Non : nous avons besoin de leaders qui encouragent les jeunes à devenir la meilleure version d’eux-mêmes.
Aujourd’hui, nous avons le privilège de compter dans la société congolaise plusieurs figures de leadership positif. J’estime que cet élan collectif nous permettra de contribuer à l’éveil patriotique, de changer les mentalités et de stimuler le développement économique, afin de créer une nouvelle classe d’élites pour l’émergence et la prospérité de notre pays, la République démocratique du Congo. La jeunesse mérite des leaders exemplaires, non pas simplement parce qu’ils occupent un poste politique, mais parce qu’ils sont irréprochables dans leur conduite, et qu’ils incarnent un modèle d’espoir et d’optimisme pour la jeunesse congolaise.
- Zolanews : Vous êtes souvent cité parmi les jeunes influents et créateurs de contenu en RDC. Comment percevez-vous cette influence?
Joyce Masiala : Quand on fait le premier pas dans ce qu’on entreprend et qu’on le fait bien, on reçoit des feedbacks. Le feedback et les applaudissements sont les recommandations des différentes personnes ; ces recommandations jouent un rôle majeur pour ceux qui détiennent des médias et autres, afin qu’ils parlent de nous et de ce que nous réalisons, car ils estiment que notre expérience et nos réalisations peuvent également avoir un impact sur des jeunes que nous ne pouvons peut-être pas atteindre physiquement.
Quant à ces prix et ces récompenses, je dirai que ce sont, premièrement, la grâce de Dieu qui nous permet de nous démarquer, mais aussi la somme de ces différents instants, de ces sacrifices parfois compliqués, qui fait que nous pouvons véritablement être une source de bénédictions et d’impact pour beaucoup.
- Zolanews : Quel regard portez-vous sur l’impact du digital dans la construction de
l’image de soi et dans l’engagement sociétal ?
Joyce Masiala : Le monde actuel est digitalisé. Nous sommes dans l’ère du digital, et c’est celui qui suit le rythme qui bénéficiera. Celui qui reste réticent à l’adopter perdra en termes de temps, d’énergie et d’opportunités, car ce n’est pas une mode passagère, mais un rythme auquel nous devons tous nous adapter aujourd’hui.
Par exemple, dans les pays africains, les choses avancent un peu lentement, mais il suffit de voir comment l’Occident a compris l’importance du digital. Aujourd’hui, de nombreux services n’ont plus besoin d’utiliser du papier, ce qui contribue à réduire le déboisement et à préserver les forêts africaines, ainsi que les peuples autochtones qui y vivent.
En tant que formateur, le digital est pour moi essentiel. Je peux délivrer mes formations en ligne, me former moi-même sans avoir à me déplacer à l’université, suivre mes cours facilement et atteindre mes objectifs académiques grâce aux outils numériques.
Plusieurs pistes s’ouvrent à nous, il suffit d’identifier sa niche, de repérer les possibilités offertes par le digital, de les saisir et d’en faire bon usage.
Zolanews : Quelles sont, selon vous, les qualités d’un bon communicant au 21e siècle ?
Joyce Masiala : Pour caractériser un bon communicant, parmi les qualités indispensables, il y a l’écoute et l’observation. Dans notre société, on pense parfois que ceux qui font de la communication, ceux qui suivent des études en communication, sont les plus bavards. Or, être un communicant n’est pas forcément lié au bavardage : parler, parler, parler… Non ! Un bon communicant doit avant tout avoir la capacité d’écouter ses clients, d’entendre ce qui se dit et, surtout, d’observer les tendances et le monde. Comment les choses évoluent-elles à chaque instant ? Ceux qui manquent de sens de l’observation finissent par se retrouver avec une grande base de données remplie d’informations peu pertinentes qui n’avance pas.
On voit souvent des prétendus experts en communication qui n’arrivent pas à structurer les faits ou à utiliser l’intelligence artificielle, car ils n’ont pas observé. Ils étaient trop occupés à parler et ont oublié l’écoute et l’observation. Il faut savoir observer quand il faut observer et écouter pour mieux performer.
Ce sont ces deux qualités que je préfère mettre en avant pour les communicants du XXIe siècle, car nous sommes dans une ère d’évolution rapide que nous ne maîtrisons pas toujours. D’où l’importance d’écouter, d’observer et, je pourrais ajouter, de s’adapter.
- Zolanews : Quel a été votre plus grand défi dans votre parcours entrepreneurial ou associatif ? Comment l’avez-vous surmonté?
Joyce Masiala : Vous savez, comme je l’ai dit à la première question, j’ai fait mon premier pas dans tout ce que je fais sans m’y attendre et sans plan très bien tracé. J’ai donc connu des imprévus et appris des choses auxquelles je ne m’attendais pas. Parmi les leçons tirées et les qualités développées, le plus grand défi a été celui de l’adaptabilité : j’avais du mal à m’adapter à des situations inattendues. J’ai aussi commencé très jeune, aux côtés de personnes plus âgées, et quand on ne sait pas s’adapter, c’est compliqué.
Un autre défi concernait les compétences personnelles : il ne suffit pas d’avoir de l’expertise dans un domaine précis, il faut aussi posséder ce qu’on appelle les « soft skills », les compétences interpersonnelles, notamment la ponctualité, la flexibilité, l’écoute et la discrétion. Ces compétences transversales nous permettent de nous démarquer dans notre activité, et on ne les maîtrise pas toujours dès le départ. On les acquiert tout au long du parcours, et c’est là toute la beauté du processus.
Voilà les principaux défis que j’ai rencontrés aux débuts de mon parcours entrepreneurial et professionnel. Bien sûr, la vie reste un éternel apprentissage, et de nouveaux défis continuent de se présenter.

- Zolanews : Comment gérez-vous la pression et les attentes liées à votre visibilité
publique ?
Joyce Masiala : Pour moi, la stratégie, c’est de voir la vie comme un jeu. J’aime bien déjà jouer, par exemple aux cartes, et me détendre. Je fais la part des choses. Quand on commence à devenir un tant soit peu visible, la pression s’installe, mais aussi l’auto-pression, cette pression qu’on se crée soi-même, qui ne manque jamais. Pour faire face à tout cela, j’essaie d’équilibrer ma vie entre ma vie publique et ma vie privée.
Je m’efforce de rester moi-même, peu importe que je sois en public ou en privé. Être authentique, c’est avoir mes valeurs, poser mes limites, et ne pas essayer de me transformer en une personne que je ne suis pas. Par exemple, je suis cool, c’est mon habitude, et je veille à le rester, tant dans ma vie publique que privée.
Je trouve ensuite l’équilibre en consacrant du temps à ma profession, mais aussi à moi-même : je passe toujours du temps en famille, je retrouve mes amis, je prends le temps de souffler et de me détendre. Surtout, je prends plaisir à ce que je fais : cela m’aide à ne pas m’épuiser ou me lasser trop tôt. J’aime ce que je fais et je fais ce que j’aime, et c’est là mon plus grand secret pour ne pas me laisser affaiblir par les diverses pressions rencontrées au long de ce parcours.
Faire l’équilibre, aimer ce que l’on fait et faire ce que j’aime : ce sont mes petites astuces pour répondre à cette question.
- Zolanews : Y a-t-il une erreur ou un moment difficile qui vous a particulièrement fait
grandir ?
Joyce Masiala : Je me suis fait arnaquer par plusieurs personnes que je considérais comme sincères. J’accordais ma confiance à tout le monde, sans vraiment faire de distinction, et certains ont vu cela comme une faiblesse. J’en ai gardé le « baptême » de la vie : aujourd’hui, je suis plus sage, plus discret, et j’apprends à discerner les situations et à cerner les gens avant d’entamer une collaboration impartiale. Ce sont là des leçons forgées par mes erreurs successives, et ce n’est pas fini : je continuerai à en faire, mais je me donne toujours la chance de me relever après chaque échec. C’est aussi un état d’esprit qui me permet de rester serein dans la vie.
- Zolanews : Quels sont vos projets en cours, notamment dans l’agroalimentaire ou avec
Akili Créa ?
Joyce Masiala : Principalement dans l’agroalimentaire, c’est un secteur qui me passionne tellement, et je pense que nous ferons notre comeback très bientôt. Quant à Akili Créa , c’est également une passion, mon entreprise de cœur. Nous avons connu une pause depuis 2024, mais j’ai préféré travailler un peu en freelance et mener davantage de formations pour d’autres organisations. J’ai estimé que c’était une opportunité d’apprendre et de mettre en pratique ces connaissances au profit de ma propre structure.
Je suis convaincue que d’ici quelques mois, vous aurez des nouvelles très positives concernant le relancement d’Akili Créa en version améliorée, toujours prête à accompagner ses clients et à répondre à leurs différentes problématiques.
Zolanews : Quels objectifs vous fixez-vous pour les 5 prochaines années, personnellement et professionnellement ?
Joyce Masiala : Les cinq prochaines années, donc d’ici 2030… Depuis un moment, j’apprends à tout laisser entre les mains du Maître de l’univers, de Dieu, puisque demain ne nous appartient pas. Toutefois, si nous avons la grâce de vivre jusque-là, ces cinq années seront pour moi magnifiques. Cela ne signifie pas qu’elles seront débarrassées d’embûches : elles connaîtront aussi des moments difficiles, mais l’optimisme nous accompagnera toujours.
Sur le plan personnel, je me vois plus stabilisée et épanouie : peut-être aurai-je déjà des enfants, peut-être serai-je mariée. Quant à mon début de vie professionnelle, j’aimerais gravir de nouveaux échelons, notamment du côté de l’ambition, de la politique ou de la diplomatie. Pourquoi pas occuper un poste qui me permettra de contribuer davantage à notre pays, voire à d’autres pays ? Ce sont les questions que je me pose, et je sais que, par la grâce de Dieu et grâce aux stratégies et aux efforts que nous mettons en œuvre, nous aurons certainement de belles réussites.

- Zolanews : Que diriez-vous à un jeune Congolais qui doute de ses capacités à se faire
une place dans ce monde ?
Joyce Masiala : Il y a de la place pour tout le monde. La vie, c’est un peu comme un buffet à volonté : tu te sers à volonté. Et généralement, lors d’un buffet, ceux qui ont du mal à se servir sont souvent les plus timides.
Dans cette vie, pour briser la timidité, je vous encourage à faire preuve de courage. Soyez courageux, soyez audacieux. Faites d’abord le premier pas. Demain ne vous appartient pas, il appartient à l’avenir, il appartient à Dieu. Faites ce premier pas avec optimisme, avec excellence surtout, et le reste viendra avec le temps.
Vous finirez par vous démarquer, par impacter votre génération et celle à venir. Et ce sera un sentiment de fierté pour vous, pour votre pays et pour votre famille.
- Zolanews : Si vous deviez résumer votre mission en une phrase, laquelle serait-ce ?
Joyce Masiala : « Impacter cette génération et celle à venir. »
Zolanews : Une citation ou un principe qui vous guide chaque jour ?
Joyce Masiala : L’impact
Zolanews : Quel héritage souhaitez-vous laisser à la jeunesse congolaise?
- Joyce Masiala : L’amour du pays
Lydia Mangala


