Les lignes suivantes seront longues.
Depuis quelques jours, une photo circule largement. Celle de Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre congolaise des Affaires étrangères.
Et soudain, des internautes s’enflamment. Des commentaires fusent. Le tout autour d’un seul « problème » : un ventre arrondi.
Le ventre d’une femme ministre.
Le ventre d’une femme d’État.
Des questions reviennent en boucle : Est-elle réellement enceinte ? Qui en est l’auteur ❓ Qui est le père de l’enfant qu’elle porte ❓
Des questions, à mes yeux, intrusives et inconvenantes.
Je me demande bien ce qui peut justifier un tel intérêt, ou plutôt une telle fixette, sur son ventre.
Son ventre… C’est cela, le sujet ? Pas sa vision diplomatique. Pas son engagement, ni ses responsabilités dans un contexte géopolitique complexe. Mais son ventre arrondi. 𝐘𝐞𝐬𝐮
Mais, qu’est-ce qui dérange, au fond ? Nini ?
Que ce soit une femme qui assume pleinement son rôle de ministre d’Etat tout en vivant son droit d’être #mère ❓ Ou simplement que cette image dérange l’idée étroite que certains se font de ce que la femme peut ou ne pas faire, vivre ou ne pas vivre, en tant que femme, quand elle accède à un poste de responsabilité, de #leadership❓
Parce que, soyons honnêtes : quand un homme ministre devient père, personne n’en parle.
Mais lorsqu’une femme ministre en fonction est sur le point de devenir mère… Le monde s’agite ?
Franchement, 𝐧𝐚𝐳𝐨 𝐬𝐨𝐬𝐨𝐥𝐚 𝐥𝐨𝐥𝐞𝐧𝐠𝐞 𝐨𝐲𝐨 𝐲𝐚 𝐤𝐨𝐦𝐨𝐧𝐚 𝐦𝐚𝐤𝐚𝐦𝐛𝐮 𝐭𝐞 !
Sous un post de Dorcas Bwalelo, un internaute m’a même répondu que, puisqu’elle est une personnalité publique, elle n’a plus de vie privée et doit donc accepter d’être critiquée comme tout le monde.
Pardon, mais d’où vient cette assertion incorrecte ?
𝐃𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐫 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐬’𝐢𝐧𝐠𝐞́𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐭𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞́ ?
Souvenons-nous qu’il existe une chose qui s’appelle 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐞́𝐞, protégée par la loi. Sa violation est punissable. 𝐋𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐥’𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐥𝐞 𝟑𝟏 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧.
Ba ndeko, il est temps de comprendre que la femme peut être politique et maternelle, bouger le matin et caresser son ventre le soir, signer un accord dans l’après-midi tout en sentant son enfant bouger.
Non, les deux ne sont pas incompatibles. Les deux sont nobles, puissants et méritent le Respect.
Eh bien non ! Non, nos maternités ne seront pas suspendues par nos ambitions professionnelles. Nos enfants ne seront pas des obstacles à nos rêves. Si Dieu nous les accorde, alors nous avancerons sur les deux tableaux en même temps, avec engagement et courage. Amen !
Nathalie Sala


