Les inégalités persistantes d’accès aux ressources financières et la nécessité de l’autonomisation économique des femmes ont été au cœur des échanges lors de la 2ᵉ édition de la Rencontre d’Exception, organisée par l’Association Femmes d’Exception du Congo (FDEC Asbl) au Pullman Hôtel de Kinshasa.
L’événement a rassemblé entrepreneures, responsables institutionnels, partenaires internationaux et personnalités influentes du secteur financier.
Une ouverture sous le signe de la reconnaissance et de l’engagement

La journée a débuté avec le mot d’introduction de la présidente de la FDEC, Lydie Omanga Dihandju, qui a souligné l’importance de la gratitude, de la vision et de l’action pour promouvoir l’inclusion financière des femmes.
Elle a rappelé la période des 16 jours d’activisme, du 25 novembre au 10 décembre, destinée à sensibiliser contre les violences basées sur le genre, notamment dans le domaine numérique.
Lydie Omanga a mis en avant le parcours du Docteur Akinwumi Adesina, ancien président de la Banque Africaine de Développement (BAD) et initiateur du programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa), qui a permis de financer plus de 900 000 dollars pour une entrepreneure congolaise.
Elle a insisté sur le rôle des hommes comme alliés dans la promotion de l’autonomisation économique des femmes, soulignant l’importance d’un partenariat égalitaire pour le développement national.
Des discours institutionnels porteurs de stratégie
La marraine de l’édition, Anne Mbuguje, Sénatrice, prédente de la commission économique et 3ᵉ Vice-présidente de la FDEC, a rappelé que la formation et l’accompagnement des femmes sont au centre de la mission de l’association.
Elle a présenté le bilan des formations en gestion financière organisées depuis juin 2025 dont 73 femmes formées, avec 13 finalistes ayant complété le module avancé. Les modules ont couvert l’introduction à la gestion financière, la maîtrise des chiffres et le développement de l’activité économique.

La conseillère du ministère du Genre, Famille et Enfant, Marie-Rose Magwamboa, a souligné l’importance de l’inclusion financière comme levier de souveraineté économique et de lutte contre les violences numériques. Elle a salué l’engagement des participantes et le rôle stratégique du ministère dans l’accompagnement des initiatives féminines.
« Inclusion financière et souveraineté économique »

Modéré par Eliane Munkeni Kiekie, ce premier panel a réuni plusieurs intervenants Joëlle Kabayo, administratrice de sociétés et Gérante de V-LOGISTICS SARL, a insisté sur la nécessité pour l’État de soutenir les femmes entrepreneures, souvent majoritaires dans le secteur informel, et d’élargir leur présence à des secteurs comme l’agriculture et le minier.

Célestin Mukeba Muntuabu, DG de la CADECO, a mis en avant l’importance de la structuration, de l’éducation financière et de la mise en place d’institutions financières dédiées aux femmes.
Julie Nsuele, entrepreneure et experte en communication et microfinance, a proposé la création d’une banque de développement des femmes, soulignant les obstacles législatifs et financiers, mais également le potentiel des femmes pour la dedollarisation et le développement économique national.
La modératrice a conclu sur l’importance de la sororité et du réseautage pour maximiser l’impact des initiatives.
« Femmes d’Exception et inclusion financière : de la formation à l’autonomie économique »

Animé par Sivi Malukisa, ce panel a mis en avant le rôle de la formation dans l’autonomisation économique .
Sibia Ngayihembako, DG adjointe de FINCA RDC, a rappelé que l’éducation financière et la discipline sont essentielles pour l’accès au crédit et au développement entrepreneurial.
Xaverine Kira, conseillère du PNUD, a souligné les facteurs limitant l’accès des femmes aux financements entre autres coutumes, éducation numérique insuffisante, insécurité et violences économiques.
Des bénéficiaires de la formation sur la gestion financière organisée par la FDEC, telles que Maya-Rose Botshila Bandona et Germaine Kapinga Muamba, ont partagé comment la formation leur a permis de mieux gérer leurs activités, d’élaborer des business plans et de calculer leur seuil de rentabilité.
Par l’occasion, un participant a suggéré que ces formations soient également intégrées dans les églises pour toucher davantage de femmes.
« Accès au financement : innovation bancaire et politiques inclusives »

Sous la modération de l’Honorable Sénatrice Anne Mbuguje Marembo, le panel a abordé les produits financiers adaptés aux femmes.
Hélène Gakuru Bukara, DG adjointe du FOGEC, a présenté les mécanismes de garantie et les taux d’intérêt avantageux pour les femmes entrepreneures, ainsi que la collaboration avec la microfinance Bisou-Bisou.

Le représentant du DG de Bisou-Bisou SA, Paul Odimba Lohata, a expliqué comment la structure a été créée par des femmes refusées par les institutions traditionnelles, offrant des services adaptés à leurs besoins.
Le panel a mis en lumière le rôle du numérique dans le suivi des dossiers et l’importance d’un accompagnement rapproché pour faciliter l’accès au financement.
Perspectives pour 2026
La présidente de la FDEC, Lydie Omanga, a annoncé que la formation en gestion financière sera étendue à tout le territoire national dès 2026, avec des modules adaptés pour répondre aux besoins spécifiques des entrepreneures congolaises.
Il sied de noter que la troisième édition des Rencontres d’Exception aura pour thème « Inclusion numérique », englobant toute les générations des femmes.
La Rencontre d’Exception 2025 a ainsi permis de renforcer les échanges sur l’inclusion financière, de valoriser les initiatives des femmes et de poser les bases d’une souveraineté économique inclusive pour la RDC.
Lydia Mangala


