Par une note datée du 1er juin 2026, le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, rappelle aux hauts responsables et agents de l’État leurs obligations de neutralité et d’assiduité. Des inspections et des rapports obligatoires sont prévus afin de garantir la continuité des services face à l’appel à une « ville morte ».
Jean-Pierre Lihau Ebua a adressé une note de service aux secrétaires généraux, inspecteurs généraux et directeurs généraux de l’administration publique. Ce rappel officiel intervient alors que circulent des tracts appelant à une journée de mobilisation nationale prévue le 3 juin. L’objectif affiché est de prévenir toute interruption des services publics et de rappeler aux fonctionnaires le cadre légal qui régit leurs fonctions.
La note insiste sur trois principes fondamentaux notamment la neutralité politique de l’administration, l’impartialité dans l’exercice des missions et l’obligation d’assiduité. Selon le Vice-Premier ministre, l’État doit, en toutes circonstances, garantir l’accès aux services publics, sans que ceux-ci ne soient instrumentalisés à des fins partisanes.
Pour assurer le respect de ces obligations, plusieurs mesures concrètes sont prévues telles que le déploiement de missions d’inspection dès le 2 juin pour vérifier la présence effective des agents et le fonctionnement des services, l’obligation de tenir quotidiennement des listes de présence signées et conservées ainsi que l’envoi de rapports périodiques au ministère. Les bilans des deux premiers trimestres 2026 devront être transmis au plus tard le 20 juin.
Le texte rappelle également les fondements juridiques de ces dispositions, notamment l’article 193 de la Constitution et l’article 10 du Code de conduite de l’agent public. Toute absence injustifiée ou participation à des actions perturbatrices pourra entraîner des sanctions disciplinaires, conformément à la réglementation en vigueur.
Cette note vise à éviter qu’une mobilisation politique ne compromette l’accès aux services essentiels, santé, justice, administration, et ne perturbe le fonctionnement de l’État.
Le gouvernement présente ces mesures comme nécessaires pour préserver l’ordre public et garantir la continuité des missions au bénéfice des citoyens.
Cependant, certaines interrogations subsistent, notamment sur la distinction entre absence justifiée et engagement politique, ainsi que sur les garanties offertes aux agents en cas de contestation. La transparence des inspections et le respect des procédures disciplinaires seront déterminants pour prévenir tout abus.
Si ces mesures pourraient être saluées comme un gage de stabilité administrative, des syndicats et défenseurs des droits pourraient réclamer davantage de garanties et de dialogue. L’opposition, de son côté, pourrait y voir un instrument de pression sur les agents publics.
En définitive, la note de Jean-Pierre Lihau place la fonction publique sous surveillance accrue, avec pour objectif affiché d’assurer la continuité des services. Son efficacité dépendra toutefois d’une application équilibrée, respectueuse des droits des agents et exempte de toute instrumentalisation politique.


Joëlle Luniongo


