Lors de la seconde journée des Conférences Annuelles du Service Public (CASP), le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, est intervenu sur le thème du financement des infrastructures provinciales à travers le partenariat entre les provinces et le secteur privé, en prenant pour étude de cas l’expérience du Nord-Kivu.
Une présentation qui a mis en lumière un modèle jugé efficace et reproductible à l’échelle nationale.
Le partenariat public-privé au cœur de la transformation du Nord-Kivu

Dans son exposé, Julien Paluku a expliqué comment le recours à un partenariat public-privé (PPP) structuré a permis de transformer durablement les infrastructures routières du Nord-Kivu.
Il a cité notamment la modernisation de la voirie urbaine de Goma, aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures de la République démocratique du Congo, ainsi que l’asphaltage des artères principales des villes de Butembo et Beni.
Ces réalisations, a-t-il souligné, ne sont pas le fruit d’un financement classique de l’État, mais d’une collaboration étroite entre les autorités provinciales et les opérateurs économiques locaux, mobilisés autour du commun objectif de doter la province d’infrastructures modernes et fonctionnelles.
Des mécanismes financiers innovants et encadrés
Le ministre a détaillé les deux mécanismes clés ayant soutenu ce modèle. Le premier repose sur l’instauration d’une taxe conventionnelle sur les produits pétroliers, affectée directement au financement des travaux d’infrastructures.
Le second concerne l’attribution de responsabilités claires aux opérateurs économiques pour l’entretien des routes de desserte agricole, essentielles au développement économique local.
Pour garantir la transparence et la crédibilité du processus, un compte séquestre a été ouvert et confié à la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).
Cette approche a renforcé la confiance du secteur privé et assuré une gestion rigoureuse des fonds mobilisés.
Un modèle fondé sur l’implication du secteur privé local
Julien Paluku a également mis en avant l’incitation faite aux opérateurs économiques à créer leurs propres entreprises de construction afin d’exécuter les travaux, sous la supervision du gouvernement provincial.
Cette stratégie a permis non seulement de réduire les coûts, mais aussi de stimuler l’entrepreneuriat local et de créer des emplois.
En partageant l’expérience du Nord-Kivu, le ministre a plaidé pour une appropriation de ce modèle par d’autres provinces, estimant que le partenariat provinces–secteur privé constitue une voie crédible pour combler le déficit en infrastructures et accélérer le développement territorial en RDC.
Cette intervention a suscité un vif intérêt parmi les participants aux CASP 2025, qui y voient une piste concrète pour moderniser durablement les services publics et les infrastructures à l’échelle provinciale.
Lydia Mangala


