La République démocratique du Congo a célébré, le vendredi 1er mai à Kinshasa, la Journée internationale du travail. Placée sous le haut patronage du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette commémoration s’est tenue autour d’un double message, celui de promouvoir le travail dans la dignité et de renforcer la solidarité nationale face aux défis du moment.
Dès l’ouverture de la cérémonie, le ton a été donné avec les honneurs militaires rendus au ministre de l’Emploi et Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, ainsi qu’au Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, représentant personnel de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, une séquence protocolaire qui a rapidement laissé place à des messages à forte portée sociale.
Dans son mot de bienvenue, le Secrétaire général à l’Emploi a salué la mobilisation des acteurs du monde du travail, insistant sur l’importance de construire un environnement professionnel respectueux et inclusif. L’un des moments les plus marquants de la cérémonie a été la remise des médailles de mérite civique à plusieurs agents et cadres de l’administration publique, ainsi qu’à des travailleurs distingués, certains honorés à titre posthume. À travers ces distinctions, la Nation a voulu reconnaître l’engagement de celles et ceux qui, souvent dans l’ombre, contribuent au fonctionnement de l’État et à la dynamique économique du pays.
Les préoccupations des travailleurs ont été clairement exprimées. Prenant la parole, l’intersyndicale a mis en lumière plusieurs défis persistants, notamment la question du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), actuellement fixé à 21 500 francs congolais, ainsi que les cas de licenciements jugés abusifs, y compris dans certaines structures publiques. Des revendications qui traduisent les réalités vécues sur le terrain et qui appellent à des réponses concrètes.
Face à ces préoccupations, le ministre de l’Emploi et Travail a tenu un discours ferme, réaffirmant la volonté du Gouvernement de faire respecter les normes du travail sur toute l’étendue du territoire national. Il a insisté sur l’intensification des contrôles dans les entreprises, la nécessité de formaliser les relations professionnelles à travers des contrats de travail clairs, ainsi que sur le respect effectif du SMIG. Il a également mis en avant les efforts fournis par les institutions comme l’INPP et l’ONEM dans la promotion de l’emploi et de la formation professionnelle, tout en soulignant les réformes en cours au sein de l’Inspection générale du travail pour renforcer son efficacité.
Dans une intervention tout aussi attendue, Jacquemain Shabani Lukoo, représentant la Première ministre, a transmis le message du Gouvernement aux travailleurs congolais. Il a réitéré l’engagement des autorités à promouvoir un emploi décent, à garantir l’égalité des chances et à consolider les bases d’une société plus juste. Son intervention a également rappelé que le travail reste un pilier essentiel de la cohésion sociale et du développement national.
La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités politiques, administratives et diplomatiques, mais aussi de représentants des différentes couches socioprofessionnelles. Cette diversité a donné à l’événement une dimension inclusive, à l’image du thème national axé sur l’unité et la solidarité.
Cette célébration du 1er mai a surtout mis en lumière la réalité qu’en RDC comme ailleurs, le travail reste au cœur de la dignité humaine. Il constitue à la fois un levier de transformation sociale, un facteur de stabilité et un moteur de résilience pour toute la Nation.
Lydia Mangala


