Organisé ce mardi 22 avril 2025 à l’Accor Arena de Paris par Elvis Adidiema et Charles Tabu, le concert caritatif “Solidarité Congo” avait pour ambition de rassembler, fédérer et soutenir les populations congolaises touchées par la guerre. L’événement, alliant musique de qualité et engagement humanitaire, visait à récolter des fonds pour des ONG actives sur le terrain. Mais malgré un succès populaire incontestable, la polémique n’a pas tardé à enfler sur les réseaux sociaux.
Pourquoi s’en prendre à une action solidaire ?
Porté par deux figures de la diaspora congolaise, le concert a réuni plus de 30 artistes et personnalités, issus de divers horizons : musiciens, humoristes, mannequins, streamers… Tous ont participé bénévolement. Fally Ipupa a même financé les billets d’avion de certains collègues artistes. Une initiative généreuse, dans un projet à forte portée sociale.
Mais l’absence de certaines figures emblématiques comme Ferre Gola, Innoss’B ou encore le groupe MPR a suscité de nombreuses réactions. Des internautes ont dénoncé une sélection partisane, accusant les organisateurs de privilégier leurs affinités personnelles.
Une polémique justifiée ?
Face à ces critiques, Plamedi Masamba, journaliste culturel pour Eventsrdc.com, a réagi publiquement. Selon lui, cette controverse est le fruit d’une volonté malveillante de ternir une initiative citoyenne.
« Comment peut-on juger une action aussi noble ? Si j’organise un événement, je m’entoure naturellement de personnes en qui j’ai confiance. »
Il évoque notamment un conflit survenu en 2024 entre Charles Tabu et Ferre Gola, à la suite de l’annulation d’un concert. Pour Masamba, il est compréhensible que les organisateurs n’aient pas souhaité solliciter un artiste avec qui les relations sont rompues.
« En 2024, quand Ferre Gola a fait de Charles Tabu le bouc émissaire de l’annulation de son concert, vous étiez où ? Et aujourd’hui, vous voulez qu’il l’invite comme si de rien n’était ? Soyons sérieux. »
Un concert caritatif… pas un meeting politique
Au-delà de la question des invités, certains ont reproché aux artistes de ne pas avoir interprété de titres patriotiques. Une critique à laquelle Masamba répond aussi :
« Les artistes ont livré le spectacle que le public attendait : leurs titres phares. Vous imaginiez qu’ils allaient chanter “Debout Congolais” du début à la fin ? Soyons un peu réfléchis. »
Selon lui, l’objectif était clair : mobiliser un large public pour maximiser les fonds récoltés. Et ce pari semble réussi.
« Ces milliers de spectateurs dont beaucoup n’étaient pas Congolais sont venus voir Gims, Dadju, Fally… dans leur registre habituel. La différence ici, c’est que les bénéfices servent une cause noble. »
Un symbole d’unité… malgré les divisions
Malgré la controverse, ce concert reste une démonstration de solidarité, de mobilisation et de générosité. Certes, tout n’a pas été parfait. Oui, certains artistes manquaient à l’appel. Mais l’essentiel était ailleurs : dans le message de paix porté, les fonds récoltés et l’élan collectif en faveur d’un peuple meurtri.
La question demeure : dans une époque où tout devient sujet à polémique, la solidarité suffit-elle encore à faire taire les rancœurs ?


