Les responsables de l’AFC/M23 ont imposé la reprise des cours dès ce lundi 10 février 2025. Ceci après leurs prise de Goma, plusieurs familles des militaires des FARDC ont été chassés des écoles et des églises et se retrouvent sans abris et contraintes de quitter les établissements scolaires pour laisser place aux élèves.
«Nous sommes ici depuis lundi. Dans le camp, c’était un mouroir, il était impossible d’y rester avec les enfants. Nous avons fui et trouvé refuge dans cette école. Nous dormons à même le sol et nous n’avons plus rien », témoigne Marie Solange, femme d’un militaire des FARDC retrouvée à l’EP Rutoboko.
Une autre femme a ajouter :
«Mon mari est à la morgue de l’hôpital du camp Katindo (mort). Je suis ici avec mes enfants, sans vêtements, sans nourriture. Je ne sais même pas comment récupérer son corps. Il a servi ce pays jusqu’à la dernière minute et ce n’est pas ainsi que le gouvernement devrait nous traiter. Aujourd’hui, nous sommes dans la rue ».
Une mère de famille et ses neuf enfants se sont réfugiés dans une salle de classe.
«Je ne sais même pas si mon mari est mort ou est encore vivant. Chaque jour, j’espère son retour, en vain. Pour survivre, je mendie en ville, mais nous avons peur, car ici, tout le monde craint tout le monde. Si le gouvernement pouvait trouver une solution à cette guerre, nous serions reconnaissants. Nous souffrons énormément », a-t-elle déclaré.
Plusieurs enfants de militaires blessés et une femme victime de viol, sont logés l’école Rutoboko à Katindo et ont pris en charge par un volontaire de ce quartier.
«J’ai vu plusieurs blessés. Je suis médecin et je ne pouvais pas rester les bras croisés. Avec les quelques médicaments que j’avais chez moi, j’ai installé une petite clinique ici à l’école. Je prends en charge 15 blessés et une femme violée. Mais sans médicaments, je suis limité. Je travaille avec les moyens du bord. Si des personnes de bonne volonté peuvent nous aider en fournissant des médicaments ou en prenant en charge ces blessés, ce serait d’une grande aide», explique le Docteur Kabongo Alfred.
Un massacre laissant derrière lui des mauvaises souvenirs comme en témoigne ce jeune garçon, fils d’un militaire qui s’est fait amputé la jambe gauche.
«J’ai reçu plusieurs balles dans la jambe gauche. Ici, le médecin m’a aidé, mais une fois à l’hôpital, ils ont dû l’amputer. Aujourd’hui, je suis sans abri, sans nourriture et sans père… J’étais l’espoir de ma famille. Que faire ? », s’interroge Bope Jean Claude.
Un rapport de l’ONU faisant 3 000 morts et plus de 2000 blessés après le carnage à Goma.
Ben Mandjolo


