La résurgence de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri s’est invitée au cœur des débats de la séance plénière tenue lundi 25 mai à l’Assemblée nationale, marquée par une forte activité de contrôle parlementaire et l’adoption de plusieurs textes de loi. Les travaux ont été dirigés par le président de la Chambre basse, Aimé Boji Sangara.
Répondant à une question d’actualité du député Daniel Furaha, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a présenté la situation épidémiologique liée à l’épidémie d’Ebola, officiellement déclarée le 15 mai dernier. Il a précisé que plusieurs zones de santé de la province de l’Ituri sont touchées, tout en détaillant les dispositifs de riposte déployés pour contenir la propagation de la maladie.
Le ministre a notamment souligné que cette flambée concerne la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin spécifique n’est actuellement disponible, rendant la riposte plus complexe et nécessitant un renforcement des mesures de surveillance, de prévention et de prise en charge.
Outre de la situation sanitaire, la plénière a été largement dominée par l’exercice du contrôle parlementaire dans plusieurs secteurs stratégiques. Le ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, Marc Ekila, est intervenu sur les réformes engagées dans son domaine, évoquant notamment les défis liés au financement et à la modernisation du secteur.
Dans le secteur minier, le ministre Louis Watum Kabamba a défendu les actions du Gouvernement en matière de gouvernance et de retombées économiques pour les communautés locales, rappelant les efforts consentis pour améliorer la traçabilité des ressources et renforcer la transparence.

S’agissant des affaires foncières, la ministre O’Neige N’Sele a répondu aux préoccupations des députés sur plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux des cimetières de Kasa-Vubu et de N’Sele, du dossier MIBA ainsi que de l’affaire « OASIS II ». Elle a annoncé, à cet effet, la mise en place prochaine d’une commission conjointe avec le ministère de la Défense afin d’en examiner les aspects juridiques et administratifs.

La plénière a également été marquée par un important volet législatif. Les députés nationaux ont adopté, article par article, des propositions de loi relatives à l’agriculture, à la pêche et à l’aquaculture, dans l’objectif de renforcer la structuration et le développement durable de ces secteurs jugés stratégiques pour la sécurité alimentaire du pays.
Les élus ont adopté le projet de loi autorisant la prorogation de l’état de siège dans certaines parties du territoire national, défendu par le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko.

En clôture, Aimé Boji a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination gouvernementale dans les secteurs clés que sont les Mines, la Formation professionnelle et les Affaires foncières, afin d’accroître l’impact des politiques publiques sur le quotidien des citoyens.
Il a également informé la plénière de sa démarche auprès de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, visant à associer davantage les membres du Gouvernement concernés par les questions sécuritaires lors des prochaines séances à huis clos consacrées à l’état de siège.
Cette séance démontre une intensification du contrôle parlementaire dans un contexte marqué par des défis sanitaires, sécuritaires et socio-économiques majeurs, confirmant le rôle central de l’Assemblée nationale dans le suivi de l’action gouvernementale et l’adoption des réformes structurantes pour le pays.
Lydia Mangala


