Lorsqu’on invoque le « Camp de la Patrie », c’est tout un idéal républicain que l’on prétend incarner. Or je le dis avec force : ce concept ne saurait être instrumentalisé comme un paravent partisan ou partisanant.
Un « Camp de la Patrie » authentique ne bâtit pas de murs ni ne creuse d’abîmes entre les Congolais ; il tend les mains, rassemble sans exclure et pose les bases d’une relance nationale sincère.
Les vraies menaces de « balkanisation » ne sont pas seulement extérieures. Elles résident d’abord dans notre propre incapacité à gouverner selon les principes fondateurs de la Constitution ; dans la tolérance de la corruption, qui mine la confiance des citoyens ; dans les détournements de ressources publiques qui creusent chaque jour davantage la pauvreté de nos compatriotes. La division ethnique entretenue, la haine politicienne, la gestion chaotique de nos finances, tout cela pèse sur le destin collectif autant que n’importe quelle ingérence venue d’ailleurs.
Le Camp de la Patrie que je défends est celui qui se dresse contre ces pathologies : il refuse la soumission et les trahisons internes, il dénonce sans relâche l’injustice et l’inaction, et il renonce aux discours de haine qui fracturent le corps social. Il parle au nom de chaque Congolais, sans privilégier aucune région, aucune communauté. Son devoir premier est de veiller à ce que la Constitution soit scrupuleusement respectée et que la volonté populaire s’exprime au-delà des jeux d’alliances éphémères.
Ce n’est pas une question de posture mais d’engagement concret : combattre la pauvreté structurelle par des politiques publiques solides ; mettre fin aux détournements et à la « mégestion » chronique par une transparence et une reddition de comptes systématiques ; réformer les institutions pour que nos services publics servent le bien commun, et non les intérêts d’une minorité. Ce vrai « Camp de la Patrie » porte une vision claire de reconstruction nationale, fondée sur la justice, la solidarité et l’équité.
Monsieur Fayulu, ce n’est pas en érigeant un nouveau slogan que l’on sauvera la République ; c’est en travaillant sans relâche, en défiant les pratiques corruptrices et en rassemblant nos forces pour relever les défis qui nous assaillent. La population congolaise n’est plus dupe : elle attend des actes, pas des discours. Le seul Camp de la Patrie qui vaille est celui du peuple engagé, inclusif et résolument tourné vers l’avenir.
Francine Muyumba Nkanga


