La campagne des 16 jours d’activisme pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles s’ouvre ce mardi 25 novembre 2025 et s’étend jusqu’au 10 décembre 2025, dans un contexte où la lutte contre les violences bascule désormais dans une nouvelle dimension : celle du numérique.
Alors que nos sociétés s’organisent, se mobilisent et s’expriment de plus en plus en ligne, les femmes et les filles y subissent aussi des formes de violences inédites, souvent invisibles mais profondément destructrices.
Cette édition 2025 constitue un appel urgent à reconnaître ces réalités et à construire un espace digital plus sûr, plus responsable et plus humain.
Les violences numériques : un miroir amplifié des inégalités sociales
Les violences faites aux femmes n’ont pas disparu ; elles ont migré, s’adaptant aux plateformes et aux technologies.
Aujourd’hui, les agressions se manifestent sous de multiples formes entre autres cyberharcèlement, diffusion non consensuelle d’images, usurpation d’identité, menaces, chantage, traçage numérique, manipulation algorithmique, ou encore exclusion des femmes des opportunités numériques.
La plupart de ces violences prolongent des schémas déjà présents dans la société comme ma domination, l’intimidation, la silenciation.
Ce qui change, c’est la vitesse de propagation, l’anonymat des agresseurs, la difficulté à obtenir justice et surtout l’impact psychologique démultiplié par l’exposition publique.
L’urgence de protéger les femmes dans les espaces numériques
Les espaces numériques sont devenus des lieux d’apprentissage, de mobilisation sociale, d’entrepreneuriat, de créativité et de liberté d’expression.
Pourtant, ils n’offrent pas encore les garanties nécessaires pour protéger celles qui y évoluent.
Il s’observe que les mécanismes de modération sont souvent insuffisants, les plaintes numériques sont rarement prises au sérieux, les institutions publiques n’ont pas encore intégré pleinement la cybersécurité dans leurs politiques de protection des femmes et les plateformes technologiques manquent de transparence et de responsabilité.
Protéger les femmes en ligne, c’est garantir leur présence dans les débats publics, dans l’innovation, dans l’économie numérique et dans la vie démocratique.
Vers une technologie qui autonomise plutôt qu’elle ne vulnérabilise
La bataille n’est pas seulement défensive mais elle est aussi créatrice.
Nous devons faire du numérique un levier d’autonomisation, un espace où les femmes peuvent apprendre, entreprendre, s’exprimer et influencer.
Cela implique des politiques publiques intégrant systématiquement le genre dans la cybersécurité, des plateformes technologiques tenues responsables, des programmes de formation au leadership numérique pour les filles, la construction d’outils technologiques respectueux des droits humains et une culture numérique basée sur le respect, la solidarité et l’empathie.
Une technologie bien pensée peut devenir un refuge, une force, un moyen de briser l’isolement et de transformer des vies.
Un engagement collectif pour un espace numérique plus juste
Les 16 jours d’activisme nous rappellent que la lutte contre les violences ne peut ignorer le lieu où nous vivons désormais une large partie de nos vies : le numérique.
S’engager aujourd’hui, c’est reconnaître que les droits des femmes doivent être protégés partout, dans nos rues comme dans nos écrans.
Construire des espaces numériques sûrs n’est pas une option mais plutôt une responsabilité collective, un devoir citoyen et une étape essentielle pour une société où les femmes et les filles peuvent vivre, s’exprimer et s’épanouir sans peur.
Lydia Mangala


