À l’Assemblée nationale, la séance plénière de ce mercredi 29 avril 2026 a été marquée par de vifs échanges avant de se conclure par le rejet de la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, une issue décidée à la suite de contestations portant non pas sur le fond du dossier, mais sur la régularité même de la procédure.
La motion, initiée par le député Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani-Ville dans la Tshopo, a rapidement été contestée dans l’hémicycle. C’est notamment le député Gary Sakata qui a ouvert le front des critiques, dénonçant de graves irrégularités dans la liste des signataires.
Dans une intervention ferme, il a mis en cause l’authenticité de plusieurs signatures.
« Les signatures auraient été obtenues de manière dolosive », a-t-il affirmé, estimant que le texte était entaché d’énormes irrégularités et comportait même de nombreux faux.
Pour appuyer ses propos, il a relevé des erreurs dans les noms inscrits : « Imani à la place de Amani, Pua à la place de Puwa ».
« Cette motion devrait être déclarée irrecevable, c’est une fraude avérée », a-t-il conclu.

Ces éléments ont pesé lourd dans la balance parlementaire, donnant un argument procédural décisif à la majorité, qui a obtenu le rejet du texte avant même l’examen du fond.
Dans l’hémicycle, le débat a parfois pris une tournure politique et émotionnelle. Le député initiateur, Laddy Yangotikala, a défendu sa démarche tout en assumant la portée de son action.
« Le peuple nous observe ; toutefois, moi, j’ai fait ma part », a-t-il déclaré, laissant entendre que son initiative relevait d’un devoir de contrôle parlementaire.
Dans la même intervention, il a ajouté une phrase qui a retenu l’attention.
« Désormais, ils vont commencer à sécuriser le peuple », une déclaration interprétée comme un message adressé au gouvernement malgré l’échec de la motion.
Le débat a également été marqué par un épisode de tension personnelle. Le député Yangotikala a présenté des excuses publiques à son collègue Tobie Kayumbi de l’UDPS, après l’avoir accusé d’avoir racketté de l’argent auprès du VPM Jacquemain Shabani, pour apaiser partiellement l’atmosphère déjà électrique de la séance.
Au final, la plénière a tranché. La motion de défiance a été rejetée, mettant un terme immédiat aux débats sur la responsabilité politique du Vice-Premier ministre. Une décision qui consacre la solidité de la procédure invoquée par les députés opposés au texte, mais qui laisse également ouvertes des tensions politiques perceptibles au sein de la chambre basse.
Pour le VPM Jacquemain Shabani, cette issue constitue un maintien en fonction sans débat de fond, tandis que pour les initiateurs de la motion, l’épisode met en lumière, selon eux, la nécessité de renforcer la transparence et la rigueur des procédures parlementaires.
Lydia Mangala


