Kinshasa, 28 novembre 2025 La polémique autour des maillots des Léopards de la République démocratique du Congo a pris de l’ampleur ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Face aux critiques et aux interprétations parfois hâtives, l’expert congolais en communication stratégique et gouvernance, Jossard Katunda, a haussé le ton, plaidant pour un débat plus responsable et mieux informé.
« Arrêtons de tout réduire à une simple modélisation graphique faite derrière un écran », a-t-il lancé dans une réaction ferme mais pédagogique, estimant que le sport professionnel ne peut être confondu avec un concours de création visuelle.
Au-delà du design : les standards internationaux s’imposent
Jossard Katunda a rappelé que la validation d’un équipement sportif pour une sélection nationale obéit à un cadre précis, souvent méconnu du grand public, et encore plus ignoré par certains jeunes designers aspirant à collaborer avec la Fecofa uniquement sur la base d’un visuel 3D.
Selon lui, la CAF et la FIFA imposent des exigences rigoureuses, notamment :
• la certification officielle CAF & FIFA,
• la conformité ISO et la traçabilité industrielle,
• la qualité réglementaire des textiles,
• un contrat formalisé entre l’équipementier et la Fédération,
• l’originalité absolue du design et du logo (sans ressemblance ni copie d’une autre marque),
• et enfin des tests techniques normés (résistance, élasticité, ventilation, absorption, etc.).
« Beaucoup ne maîtrisent même pas 10 % de ces standards, mais s’autoproclament aptes à concevoir un maillot pour des compétitions internationales », a-t-il regretté.
Le cas du Gabon : un avertissement continental
Pour appuyer son propos, Jossard Katunda a cité l’exemple récent du Gabon, qui a tenté d’introduire la marque locale Gaboma (Gaboma / Gaboma Sportwear / Gaboma Sportswear) sans prendre le soin de répondre aux obligations de conformité.
La CAF avait alors pointé :
• un défaut d’originalité,
• des soupçons de contrefaçon,
• l’absence de certification ISO et de traçabilité industrielle,
• et une similitude problématique du logo avec la marque Airness, soulevant un risque juridique majeur lié à la propriété intellectuelle.
Conséquences : mise en demeure, menace d’amende de 500 millions de FCFA, et risques de sanctions sportives.
« Ce dossier doit servir de leçon à toutes les fédérations africaines et à tous les jeunes talents : aller vite ne doit jamais signifier faire l’impasse sur les normes », a-t-il alerté.
UMBRO, un choix industriel avant tout
Au cœur des discussions figure l’équipementier UMBRO, souvent objet de comparaisons par les internautes. Pour Jossard Katunda, la marque coche aujourd’hui plusieurs critères non négociables :
• Certification CAF & FIFA
• Respect des standards internationaux
• Capacité industrielle et logistique avérée
• Production traçable et conforme aux normes ISO
• Garantie de qualité adaptée aux compétitions officielles
« Critiquer sans comprendre le sens réel de la conformité internationale, c’est prendre le risque de décrédibiliser un secteur qui commence à peine à se structurer », a-t-il soutenu.
Encourager les talents, sans brader l’exigence
L’expert a conclu en saluant la créativité congolaise, tout en soulignant un impératif :
« Oui, il faut encourager les talents locaux.
Oui, il faut valoriser notre identité.
Mais dans le sport professionnel, le design ne suffit pas.
Ce qui compte autant, sinon plus, c’est la certification, la qualité, la structure contractuelle et la capacité industrielle. », a-t-il conclu.
Joséphine Mawete


