La lutte contre la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo vient de franchir une étape cruciale. Londres a récemment confirmé un décaissement supplémentaire de 20 millions de livres sterling (environ 27 millions de dollars), venant renforcer une première enveloppe d’un million de livres déjà allouée.
Selon le ministère britannique des Affaires étrangères, cet apport financier vise à épauler Kinshasa dans sa volonté d’endiguer la progression du virus. Le double objectif est de sécuriser les zones à risque et de garantir la protection des agents de santé en première ligne.
Concrètement, ces ressources seront déployées par l’OMS et ses partenaires humanitaires pour renforcer le dispositif de vigilance épidémiologique et améliorer la prise en charge médicale. L’Ituri, épicentre actuel de la crise dans un contexte déjà fragilisé par l’instabilité sécuritaire, fait l’objet d’une attention particulière. Les équipes humanitaires sont d’ores et déjà sur place pour piloter la riposte.
L’aide britannique se décline via le consortium SAFER. Ce programme met l’accent sur les infrastructures d’assainissement, l’accès à l’eau potable et la fourniture de matériel de protection individuelle pour les soignants et les populations locales.
Une innovation notable dans cette aide réside dans la priorité accordée aux maternités et aux structures de la société civile. Cette orientation vise à sécuriser les accouchements et à lutter contre les violences sexuelles, des problématiques souvent exacerbées par le chaos des crises sanitaires.
Cette nouvelle flambée survient dans une RDC déjà éprouvée par une crise humanitaire majeure et des déplacements massifs de populations. L’OMS, après avoir officiellement déclaré cette 17e épidémie, l’a classée comme urgence de santé publique de portée internationale. Cette décision s’appuie sur la dangerosité de la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique, ainsi que sur le risque de propagation transfrontalière.
Néanmoins, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, se veut rassurant. À ce stade, les indicateurs ne permettent pas encore de qualifier la situation de pandémie mondiale.
Joëlle Luniongo


