Ce lundi 30 mars 2026, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a procédé à la clôture du Forum des femmes sur l’intégration du genre dans la future politique de sécurité nationale, au Centre de Judo de la Police nationale congolaise à Kinshasa.
Organisé par le Groupe consultatif des femmes pour la réforme du secteur de sécurité, en collaboration avec le ministère du Genre, Famille et Enfant et avec l’appui de la MONUSCO, ce forum a permis de mettre en lumière les enjeux liés à la place des femmes dans les institutions sécuritaires.
Au cœur des échanges, un constat a été partagé. La faible représentation féminine au sein des forces de défense et de sécurité, notamment dans les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale. Les participantes ont souligné que cette sous-représentation limite l’efficacité et l’inclusivité des politiques sécuritaires.

Dans son allocution, Judith Suminwa Tuluka a insisté sur la nécessité d’intégrer systématiquement la dimension genre dans la future politique de sécurité nationale.
« Sans l’intégration du genre, il ne peut y avoir de sécurité véritablement inclusive ni de développement durable », a-t-elle affirmé, appelant à des réformes concrètes pour corriger les déséquilibres persistants.

La cheffe du gouvernement a également rappelé que les femmes ne doivent plus être considérées uniquement comme des bénéficiaires des politiques de sécurité, mais comme des actrices à part entière.
« Les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires de la sécurité ; elles en sont des actrices de première ligne », a-t-elle martelé.

De son côté, la ministre du Genre, Micheline Ombae Kalama, a mis en évidence les obstacles structurels qui freinent l’accès des femmes aux postes de décision : stéréotypes persistants, inégalités d’accès aux fonctions de commandement et manque d’intégration du genre dans les politiques internes. Elle a insisté sur l’importance stratégique d’une réforme inclusive.
« Une sécurité sans femmes est une sécurité incomplète. Une paix sans femmes est une paix fragile », a-t-elle déclaré.
Face à ces défis, le Gouvernement s’est engagé à porter les recommandations issues de ce forum au Conseil des ministres, avec l’ambition d’aboutir à des réformes concrètes. Cette démarche s’inscrit également dans le respect des engagements internationaux de la RDC, notamment les résolutions récentes du Conseil de sécurité des Nations unies en faveur de la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité.

Dans un message adressé à la jeunesse, Micheline Ombae Kalama a encouragé les jeunes femmes à s’engager davantage dans les métiers de la sécurité.
« Vous n’êtes pas l’avenir de la sécurité nationale, vous en êtes déjà le présent. Osez porter l’uniforme, osez commander, osez décider », a-t-elle exhorté.
À travers ce forum, le Gouvernement congolais réaffirme sa volonté de moderniser le secteur de la sécurité et de construire une politique nationale plus équitable, où les femmes jouent pleinement leur rôle dans la consolidation de la paix et de la stabilité.
Lydia Mangala


