C’est une petite révolution qui s’opère sur les pelouses marocaines. Alors que la Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre dans sa phase ultime, un constat s’impose, puissant et symbolique. Le dernier carré est exclusivement réservé aux techniciens du continent. Pour la première fois depuis 1965, les quatre demi-finalistes sont dirigés par des sélectionneurs africains.
Il aura fallu attendre six décennies pour voir l’histoire bégayer de la plus belle des manières. La dernière fois qu’une telle configuration s’était produite, c’était en Tunisie, en 1965. À l’époque, le tournoi marquait l’éveil tactique de l’Afrique. En fait, le Ghana de Charles Kumi Gyamfi était sacré champion. La Tunisie de Mokhtar Ben Nacef, était vice-championne alors que la Côte d’Ivoire d’Alphonse Bissouma Tapé a terminé 3 ème. Le Sénégal d’Habib Bâ, a fini 4ème du tournoi.
Depuis, l’ère des «sorciers blancs» avait largement dominé les bancs de touches africains. Cette édition 2025 vient définitivement siffler la fin d’un complexe d’infériorité.
Les quatre visages de la reconquête…
Au Maroc, le carré d’as de cette année offre un mélange de rigueur tactique, de charisme et de connaissance profonde du terrain. Walid Regragui ( Maroc), Eric Chelle ( Nigeria), Pape Thiaw ( Sénégal) et Hossam Hassan ( Egypte ). Ils ne sont plus seulement des pompiers de service, mais les architectes de projets de jeu solides.
Ce scénario, inédit depuis six décennies, marque bien plus qu’une simple statistique. C’est le signal d’une émancipation technique définitive. Longtemps occultée par le prestige souvent surévalué de l’expertise importée, la compétence des sélectionneurs locaux ne se contente plus de rivaliser, elle domine. Qu’importe l’identité du vainqueur final au soir de la finale de Rabat, le trophée restera « à la maison ».
Si en 1965, le football africain cherchait encore sa voie, en 2025, il affirme son identité. Sans doute, cette CAN restera dans les annales comme celle du grand basculement, où l’Afrique a choisi de faire confiance à ses propres fils pour dessiner son destin de gloire.
Josaphat Mayi, depuis Maroc


