Dans un communiqué officiel publié ce samedi 19 avril par le Vice‑Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, le gouvernement congolais a suspendu sur tout le territoire national les activités du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD).
Cette mesure intervient à la suite de ce que le ministère qualifie d’attitude ambiguë de son Autorité morale, l’ancien président Joseph Kabila, face à l’occupation par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC d’une partie du territoire congolais.
Le communiqué reproche à Joseph Kabila de ne « jamais, dans ses déclarations devant la presse, condamner cette agression », et dénonce son choix de rentrer en RDC par la ville de Goma, alors contrôlée par l’ennemi, « sous couvert d’un garant curieusement assuré par l’occupant ».
Base légale de la suspension
S’appuyant sur les articles 29, 30 et 31b de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 relative à l’organisation et au fonctionnement des partis politiques, le ministère annonce la suspension immédiate des activités du PPRD.
Cette décision, justifiée par « l’activisme avéré » et le « silence coupable voire complice » de l’Autorité morale du parti, viole selon le communiqué les articles 6 de la même loi et article 5 de la loi établissant le statut des anciens présidents de la République.
Suites judiciaires et rappels aux partis

Le ministère précise qu’il saisira le Parquet près la Cour constitutionnelle pour que les faits soient jugés.
Il rappelle par ailleurs à tous les partis politiques leurs devoirs : « veille à la consolidation de l’Unité nationale, préservation de la Souveraineté de l’État congolais, de la Sécurité et de l’Intégrité du territoire ».
Lydia Mangala


