L’Association culturelle IGISENGE ASBL-RDC a publié un communiqué officiel pour clarifier sa position sur l’appellation de la langue parlée par la communauté Hutu en République démocratique du Congo. À travers cette prise de parole, la structure entend mettre fin au débat né ces derniers jours, tant au niveau national qu’international.
Dans son communiqué signé par son Président national, le Professeur émérite Raphael Nyabirungu mwene Songa, l’association rappelle que la position de la Mutuelle IGISENGE – Communauté Hutu de la RDC a toujours été claire : le Hutu congolais parle le « Kihutu ».
Elle établit un parallèle avec d’autres communautés congolaises qui désignent leurs langues selon leur appartenance ethnique, citant notamment le Kikongo, le Kiléga, le Kikusu, le Tshiluba ou encore le Kinande, parmi les nombreuses langues parlées en RDC.
Le document revient également sur le contexte historique, notamment la Conférence de Berlin de 1885, qui a redessiné les frontières africaines. Selon le communiqué, ces découpages ont contribué à disperser certaines communautés, dont les Hutu, à travers plusieurs pays de la région des Grands Lacs entre autres Rwanda, Burundi, RDC, Ouganda et Tanzanie.
L’association soutient que, malgré cette dispersion, la langue bantoue parlée par les Hutu a conservé des appellations différentes selon les contextes géopolitiques telles que Kinyarwanda au Rwanda, Kirundi au Burundi, Kifumbira en Ouganda, Giha en Tanzanie et Kihutu en RDC.
Dans son texte, IGISENGE rend également hommage au ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, pour avoir, lors d’un échange avec la communauté congolaise du Canada, évoqué ces éléments historiques. L’association estime que cette prise de position contribue à la cohésion et à l’unité nationale.
Le communiqué rappelle par ailleurs deux faits historiques majeurs pour appuyer son argumentaire :
– La reconnaissance, durant la période coloniale, du chef coutumier hutu Mwami Ndeze Rugabo II par l’autorité belge, ainsi que la continuité de cette chefferie jusqu’à aujourd’hui ;
– La participation des représentants hutu à la Table ronde de Bruxelles de 1960, aux côtés d’autres leaders congolais engagés dans la lutte pour l’indépendance.
L’Association culturelle IGISENGE insiste sur le caractère pacifique de sa démarche. Elle affirme que ce communiqué vise à rétablir ce qu’elle considère comme une vérité historique, sans encourager la stigmatisation, la division ou la haine.
« Nous sommes tous les enfants du même Père, le Congo », souligne le texte, appelant à l’unité et au respect mutuel entre toutes les communautés du pays.
Par cette déclaration, IGISENGE entend clore la controverse et réaffirmer l’importance de la reconnaissance des identités culturelles dans le respect de la cohésion nationale.
Lydia Mangala


