À l’Institut National du Bâtiment et des Travaux Publics (INBTP), la troisième étape de la caravane EXPUNRDC a pris une dimension hautement scientifique et inspirante grâce à l’intervention du physicien industriel et chercheur en matériaux cimentiers, Max Seke Vangu.
Face aux étudiants et aux acteurs académiques, l’innovateur derrière le ciment bas carbone CIMAX a livré un message fort centré sur l’adaptation des solutions aux réalités locales et la valorisation des ressources endogènes dans le secteur du BTP.
Dès l’entame de son intervention, le chercheur a rappelé son attachement au milieu académique et à la formation scientifique congolaise, soulignant que l’innovation doit naître du terrain et des besoins réels du pays.
Revenant sur son parcours et ses travaux, notamment la mise au point de matériaux cimentiers écologiques, il a insisté sur la nécessité de repenser la manière de concevoir les infrastructures en RDC.

« Nous avons le devoir de présenter avec honneur ce que nous construisons ici, avec nos réalités et nos ressources », a-t-il affirmé, mettant en avant l’importance de l’identité scientifique locale dans la recherche appliquée.
Max Seke Vangu a établi un parallèle entre l’ingénierie et un organisme vivant, où les matériaux représentent les racines, les connaissances les fondations et les ouvrages le résultat visible.
Pour lui, l’avenir du BTP congolais repose sur une compréhension approfondie des matériaux adaptés au climat tropical et aux contraintes environnementales locales.
« Il est impensable de concevoir des ouvrages durables sans maîtriser les matériaux qui les composent », a-t-il expliqué, appelant les futurs ingénieurs à développer une expertise enracinée dans le contexte congolais.

Le chercheur a également alerté sur les limites des constructions importées sans adaptation, évoquant les enjeux liés au climat, à l’humidité, à la chaleur et à la durabilité des infrastructures.
Il a encouragé les étudiants à penser des solutions capables de répondre aux réalités du terrain plutôt que de reproduire des modèles étrangers inadaptés.
« Nous devons relier la tradition à la modernité et adapter les solutions au climat de notre pays », a-t-il insisté, soulignant le rôle stratégique de l’INBTP dans cette transformation.

Dans une formule devenue centrale de son message, il a exhorté les étudiants à dépasser la simple démonstration de compétences pour entrer dans une logique d’innovation utile et contextuelle.
« Ne venez pas montrer ce que vous savez faire. Venez montrer ce que vous seul pouvez apporter à la RDC », a-t-il lancé, invitant les futurs ingénieurs à devenir des créateurs de solutions uniques.

Clôturant son intervention, Max Seke Vangu a encouragé les étudiants à s’inscrire dans une dynamique de recherche, d’innovation et d’impact concret, en mettant leurs connaissances au service du développement national.
À travers son témoignage et son expertise, il a rappelé que l’ingénierie congolaise a un rôle déterminant à jouer dans la construction d’un avenir durable et adapté aux réalités du pays.
Lydia Mangala


