Une nouvelle affaire secoue l’opinion publique à Kinshasa. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé avoir été saisi, le dimanche 19 avril, par un lanceur d’alerte lui ayant transmis une vidéo accablante.
Les images, selon le communiqué officiel, montreraient des actes de violences graves attribués à plusieurs individus, dont certains en uniforme. Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 18 au 19 avril, aux environs de 4 heures du matin, dans la commune de Ngaliema, plus précisément au quartier Pigeon.
Sans tirer de conclusions hâtives sur les responsabilités, le ministre a tenu à rappeler la gravité des faits dénoncés. Si ceux-ci sont avérés, ils pourraient être qualifiés d’infractions majeures, notamment des actes de torture, des coups et blessures volontaires, ainsi que des incitations adressées à des militaires pour commettre des actes contraires à la loi.
Ces agissements relèveraient de la compétence des juridictions militaires, conformément aux dispositions du Code pénal militaire. Ils constitueraient également une violation flagrante des principes fondamentaux consacrés par la Constitution congolaise, notamment le respect de la dignité humaine, de l’intégrité physique et l’interdiction absolue de la torture.
Le communiqué rappelle en outre les engagements internationaux de la République démocratique du Congo, en particulier la Convention contre la torture, qui prohibe toute forme de traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Face à la gravité de la situation, Guillaume Ngefa a donné injonction à l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’ouvrir une enquête judiciaire. Celle-ci devra permettre d’établir les faits, d’identifier les auteurs et de traduire les responsables devant les juridictions compétentes.
Le ministre a également réaffirmé la position du gouvernement en matière de justice : aucune forme de violence illégale ne sera tolérée, et la lutte contre l’impunité reste une priorité.
Cette affaire intervient dans un climat déjà tendu, marqué par une polémique impliquant la chanteuse Rebo Tchulo. Selon des informations largement relayées sur les réseaux sociaux, un incident survenu à son domicile serait à l’origine de cette situation.
Un jeune homme, présenté comme serveur, aurait été accusé de vol et aurait subi des violences présumées de la part d’individus en uniforme, dans le but d’obtenir des aveux.
Ces accusations ont suscité une vive indignation dans l’opinion. Toutefois, l’entourage de l’artiste a apporté une version différente des faits. Il conteste notamment les rumeurs évoquant un vol de faible montant, affirmant qu’il s’agirait en réalité d’un préjudice bien plus important, incluant des bijoux de valeur, des effets personnels et une somme estimée à plus de 8 000 dollars.
Selon cette même source, le suspect aurait nié les faits dans un premier temps, ce qui aurait conduit à l’intervention d’un proche de l’artiste ayant sollicité des agents en uniforme. L’équipe de communication de Rebo Tchulo insiste cependant sur un point : la chanteuse n’aurait ni ordonné ni cautionné des actes de violence, et les méthodes employées par les intervenants ne sauraient lui être imputées.
Avec l’ouverture de cette enquête, les autorités entendent faire toute la lumière sur cette affaire sensible, dans un contexte où le respect des droits humains demeure un enjeu central pour la crédibilité de l’État de droit en RDC.

Lydia Mangala


