Alors que la rentrée scolaire a déjà eu lieu, plusieurs kermesses, ces activités festives censées se limiter aux vacances, continuent de battre leur plein dans divers quartiers de Kinshasa, au mépris de leur interdiction légale une fois la période estivale terminée.
Limete, 7ᵉ rue : la fête continue
À Limete, 7ᵉ rue, la musique résonne encore comme si de rien n’était. Les animations se poursuivent à ciel ouvert, sous le regard indifférent des autorités locales.
Une situation qui interroge sur le pourquoi tolérer de telles activités alors que les élèves ont repris le chemin de l’école et que l’heure devrait être à la concentration et au sérieux académique.
Un glissement des règles anciennes
Autrefois, les règles étaient claires. Les kermesses, héritées des habitudes festives de Kinshasa, avaient une durée strictement définie. Elles ne pouvaient dépasser la période des vacances scolaires. Tout dépassement entraînait des sanctions et les organisateurs devaient répondre devant les juridictions compétentes.
L’ancienne Foire Internationale de Kinshasa (FIKIN) constituait alors le lieu officiel et encadré pour ces moments de détente.
Aujourd’hui, ces repères semblent s’être effacés. Les fêtes se prolongent sans limites, installant une confusion qui fragilise la discipline sociale et scolaire.
Une infraction tolérée
Pour plusieurs juristes, la prolongation de ces kermesses constitue bel et bien une violation de la réglementation.
En principe, les organisateurs s’exposent à des sanctions. Mais encore faudrait-il que les autorités compétentes fassent appliquer la loi. Or, leur silence actuel frise la complaisance et alimente le sentiment d’impunité.
Une menace pour l’éducation
Laisser prospérer ces distractions au-delà du calendrier prévu, c’est aussi exposer les jeunes à la tentation du relâchement, au détriment de l’éducation.
À l’heure où l’État insiste sur l’importance de la gratuité scolaire et de la rigueur dans l’enseignement, cette incohérence jette une ombre sur la volonté réelle de promouvoir la priorité à l’école.
Lydia Mangala


