À l’occasion de la commémoration du 26ᵉ anniversaire de la Guerre de Six Jours de Kisangani, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a rendu hommage aux victimes et aux survivants de ce conflit qui a opposé les armées rwandaise et ougandaise sur le territoire congolais en juin 2000.
Dans un message publié ce samedi 6 juin, le célèbre gynécologue congolais a exprimé sa solidarité envers les familles touchées par cette tragédie et a rappelé la nécessité de rendre justice aux victimes des crimes commis lors de ces affrontements.
« En ce jour de commémoration du 26ème anniversaire de la Guerre de 6 Jours de Kisangani, nos pensées vont aux familles des victimes et aux survivants de ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces armées rwandaises et ougandaises sur le sol congolais, à Kisangani », a déclaré Denis Mukwege.
Le Prix Nobel a souligné que les atrocités perpétrées durant cette période demeurent documentées dans le rapport Mapping des Nations Unies et ne doivent pas tomber dans l’oubli.
« Ces crimes les plus graves et leurs conséquences dévastatrices, qui sont documentés dans le rapport Mapping de l’ONU, ne peuvent être oubliés », a-t-il insisté.
Pour Denis Mukwege, la lutte contre l’impunité demeure une condition essentielle pour mettre fin aux violences qui continuent d’affecter l’est de la République démocratique du Congo.
« Il y a urgence à traduire en justice les auteurs de ces crimes et leurs chaînes de commandement pour briser le cycle infernal de la violence, de la prédation et de l’impunité qui se poursuit jusqu’à ce jour », a-t-il affirmé.
Le médecin congolais s’est également exprimé sur la question des réparations destinées aux victimes. Il a regretté que les 325 millions de dollars américains accordés à la RDC par la Cour internationale de Justice en 2022, à titre de réparation pour les préjudices causés par l’Ouganda, n’aient pas bénéficié aux personnes concernées.
« Nous déplorons avec la plus vive énergie que les 325 millions de USD accordés à la RDC par la Cour Internationale de Justice en 2022 à titre de réparation pour le préjudice subi par les individus et les communautés du fait de la violation par l’Ouganda de ses obligations internationales se soient volatilisés et que les victimes et les survivants des victimes sont toujours en attente des réparations », a dénoncé Denis Mukwege.
Estimant que cette situation constitue une injustice supplémentaire pour les populations affectées, il a appelé à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités.
« Ces détournements massifs de fonds sont une insulte inacceptable à l’encontre des victimes et doivent être investigués de manière indépendante pour les récupérer totalement. Leurs auteurs doivent être poursuivis et contraints de tout restituer », a-t-il martelé.
Enfin, Denis Mukwege a rappelé que les victimes congolaises ont droit aux mêmes mécanismes de justice et de réparation reconnus dans d’autres contextes de conflits à travers le monde.
« À l’instar de tous les peuples martyrs, les victimes et les survivants congolais ont droit à la justice, à la vérité, à des réparations et à des garanties de non-répétition des atrocités », a-t-il conclu.
La Guerre de Six Jours, qui avait opposé les armées rwandaise et ougandaise à Kisangani du 5 au 10 juin 2000, avait causé la mort de centaines de civils, fait de nombreux blessés et entraîné d’importantes destructions matérielles dans la ville.
Vingt-six ans après ces événements, les revendications en faveur de la justice et des réparations continuent de résonner parmi les survivants et les familles des victimes.
Lydia Mangala


